Conseil de défense : des élus du Grand Est réclament un confinement immédiat

Conseil de défense : des élus du Grand Est réclament un confinement immédiat
Un nouveau confinement est-il envisageable d'ici la fin de l'année ?
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, publié le mardi 29 décembre 2020 à 10h18

Des élus du Grand Est attendent du conseil de défense des décisions fermes et immédiatenpour lutter contre un rebond de l'épidémie de Covid-19 dans certains territoires.

Certains Français seront-ils confinés pour le Nouvel An ? C'est ce que réclame plusieurs élus du Grand-Est alors que le virus circule très activement sur leur territoire.

La situation sanitaire tellement alarmante dans certaines régions motive la tenue d'un conseil de défense mardi 29 décembre. On ne sait pas encore si de nouvelles mesures y seront décidées, mais des élus locaux se prêtent au jeu des pronostics. "La question se pose d'avoir recours à un nouveau confinement, peut-être localisé", a déclaré à l'AFP Jean Rottner, président (LR) de la région Grand Est, qui dit avoir "longuement analysé la situation hier (dimanche) avec Olivier Véran", le ministre de la Santé.

"À quelle échelle ? La région, le département, une métropole, ce sont des questions que nous nous sommes posées avec le ministre et qui seront je pense discutées demain (mardi) devant le Président de la République", a-t-il ajouté. Pour lui, l'important est d'aller vite. "S'il y a une décision à prendre, j'espère qu'elle sera prise demain et qu'on n'attendra pas une semaine de plus", a conclu Jean Rottner. Un peu plus tôt, le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, avait déjà jugé qu'un reconfinement local était "inéluctable".

Estrosi contre un nouveau confinement

Dans les Alpes-Maritimes, notamment à Nice où les chiffres flambent, le discours n'est pas le même. "Nous ne souhaitons pas un nouveau confinement, car la population souffre suffisamment des mesures de privations déjà imposées", a estimé Christian Estrosi, maire de Nice. Il réclame en revanche que la vaccination démarre "tout de suite" dans son département, et compte demander au préfet d'avancer le couvre-feu à 18H00 ou 19H00 dans certains quartiers. Sur les sept derniers jours, on a détecté en moyenne 12.000 nouveaux cas quotidiens de contamination en France, un plateau relativement stable depuis quelques semaines, loin de l'objectif des 5.000 fixé par le gouvernement.

La moitié Est du pays est particulièrement touchée. Outre le Grand Est et les Alpes-Martitimes, la Bourgogne-Franche-Comté subit également un rebond des contaminations. Et les professionnels de santé redoutent que cela n'empire à cause des brassages des vacances de Noël. Si le couvre-feu avait été exceptionnellement levé pour le 24 décembre, il sera en vigueur pour le réveillon du Nouvel An jeudi, et les autorités sanitaires en appellent à la responsabilité des Français pour limiter leurs contacts. Mais si la situation épidémique "devait s'aggraver", un troisième confinement ne serait pas exclu, a d'ores et déjà prévenu Olivier Véran dans une interview au JDD. Ces derniers jours, d'autres pays se sont résolus à un nouveau confinement, comme l'Autriche ou Israël.

"Dépister massivement" "Il ne faut rien rouvrir du tout, il faut envisager de vacciner férocement et il faut se mettre enfin à dépister massivement", a préconisé l'épidémiologiste Catherine Hill sur BFMTV. Pour elle, la clé est une stratégie de tests à la fois plus massifs et mieux ciblés, pour repérer les cas positifs: "On isole les gens qui sont qui sont contagieux au lieu de confiner tout le monde, c'est quand même beaucoup plus intelligent".


Au total, l'épidémie a fait 63.109 morts depuis qu'elle a démarré, selon Santé publique France, qui a comptabilisé lundi 364 décès supplémentaires. Pour l'heure, difficile de savoir ce qui attend les Français pour cette fin d'année mais un reconfinement, même local, ne semble pas à l'ordre du jour dans l'immédiat. Avancer l'heure du couvre-feu pourrait toutefois être une option.

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