Conflans : l'enseignant tué avait montré des caricatures de Mahomet et proposé "aux élèves musulmans de sortir" pour ne pas "être choqués"

Conflans : l'enseignant tué avait montré des caricatures de Mahomet et proposé "aux élèves musulmans de sortir" pour ne pas "être choqués"
Des fleurs pour l'enseignant tué, au collège de Conflans Saint-Honorine, le samedi 17 octobre 2020.

, publié le samedi 17 octobre 2020 à 08h50

L'enseignant avait montré les caricatures dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Si des tensions avaient surgi après ce cours, des discussions avaient eu lieu et les choses semblaient s'être apaisées, a indiqué l'établissement.

Vendredi, un enseignant a été retrouvé décapité en pleine rue à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) à proximité de son collège. Son agresseur a été abattu par la police à Eragny (Val-d'Oise), une commune limitrophe. 



Ce professeur d'histoire-géographie avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. "Apparemment, c'était un prof qui avait l'habitude de leur parler de l'islam, de caricatures et tout ça, ce n'était pas la première fois que mon fils rentre et qu'il dise le prof nous a parlé de cela aujourd'hui", a raconté à l'AFP un parent d'élève.

Noredine, parent d'un élève de 13 ans qui avait des cours avec ce professeur, a expliqué que "son fils était dans la classe le jour où le professeur les a fait sortir parce qu'ils étaient musulmans, parce qu'il devait montrer une caricature du prophète". "Apparemment, il n'a pas fait ça méchamment. Il leur a dit : 'Je vais montrer une image. Je vous conseille de sortir pour pas être vexés, pour ne pas être choqués", a insisté Noredine. Selon Noredine, son fils a expliqué que l'enseignant "n'a pas voulu être condescendant ou manquer de respect. Il l'a vraiment dit aux enfants : 'Je n'ai pas envie que vous soyez choqués'". 

Des tensions ont surgi dans les jours suivant ce cours et des parents se sont plaints auprès de l'établissement scolaire. Un parent d'élève a même dénoncé le contenu de ce cours dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Un signalement était parvenu à Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d'élèves, faisant état "d'un père extrêmement énervé". L'auteur de la vidéo est actuellement en garde à vue. L'homme avait également porté plainte contre le professeur. En réaction, l'enseignant avait porté plainte pour diffamation, d'après une source proche du dossier.

Selon l'établissement scolaire, une semaine après les faits, un message a été envoyé par la principale aux parents afin d'expliquer que le professeur avait bien indiqué à la classe qu'il allait montrer une image de Mahomet, et que si des enfants étaient musulmans, ils pouvaient, s'ils craignaient d'être choqués, sortir dans le couloir ou bien détourner la tête, rapporte BFMTV. Selon l'établissement, la principale a reçu toutes les plaintes des parents et toutes les choses auraient été reprises afin d'être discutées. D'après les enseignants, les choses semblaient s'être calmées en début de semaine.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.