Confinements de trois semaines : "des fadaises", dénonce Jean Castex

Confinements de trois semaines : "des fadaises", dénonce Jean Castex©GEORGES GOBET / AFP

, publié le vendredi 26 février 2021 à 18h10

Le Premier ministre a écarté le scenario avancé par la mairie de Paris d'un confinement de trois semaines localisé. 

Le ton monte entre le gouvernement et la mairie de Paris. Jean Castex a qualifié vendredi 26 février de "fadaises" l'idée d'instaurer des confinements locaux de trois semaines ayant pour objectif une réouverture totale ensuite, comme formulée jeudi soir par le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire.


"Vous avez entendu la mairie de Paris dire qu'il faut qu'on confine trois semaines et puis c'est fini.

Mais vous savez très bien qu'avec les variants etc, ce n'est pas possible", a déclaré le Premier ministre, lors d'un déplacement au centre hospitalier de Nantes. "Il ne faut pas raconter des fadaises. Il ne faut jamais raconter des fadaises", a-t-il ajouté, devant le personnel du service de réanimation.

Jeudi soir, Emmanuel Grégoire avait affirmé que la mairie allait "faire des propositions de mesures complémentaires" à l'Etat. Parmi celles-ci, un confinement de trois semaines afin "d'avoir la perspective de tout rouvrir" à son issue, y compris bars, restaurants et lieux culturels, plutôt qu'un confinement le week-end comme à Nice ou Dunkerque.

Emmanuel Grégoire a relativisé vendredi, face aux critiques, la proposition d'un confinement de trois semaines dans la capitale, l'élargissant à la "zone dense" francilienne et parlant de simple "hypothèse".

Jean Castex doit présider samedi matin une réunion avec les préfets et directeurs généraux des Agences régionales de Santé des 20 départements qu'il a placés jeudi en "surveillance renforcée", parmi lesquels figure toute l'Ile-de-France. Des concertations doivent ensuite être menées localement, entre préfets et élus, afin d'aboutir prochainement à de nouvelles restrictions en cas de poursuite de la dégradation de la situation épidémique.

A Nantes, la circulation reste pour l'heure maîtrisée même si la maire Johanna Rolland a appelé à la "vigilance car les variants peuvent faire basculer la situation d'une semaine à l'autre".

Jean Castex et Mme Rolland se sont rendus dans les services de maladies infectieuses et de réanimation de l'Hôtel-Dieu, où ils ont échangé avec les soignants. Jean Castex a notamment admis la difficulté de prédire l'évolution à court et moyen terme de l'épidémie, par exemple faute de "corrélation entre la part (croissante) des variants nouveaux et la progression (en hausse modérée) du taux d'incidence".

"Je ne fais plus de prévisions", lui a ainsi lancé un médecin, Jean Castex rétorquant: "et certains de vos confrères feraient mieux de s'en inspirer". Le Premier ministre s'est aussi fait présenter les grandes lignes d'une expérimentation en cours au sein de ce CHU sur un traitement à base d'anticorps polyclonaux, menée par le professeur François Raffi et dont les conclusions sont attendues à l'été.

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