Confinement : la stratégie choisie par le gouvernement sera-t-elle suffisante ? 

Confinement : la stratégie choisie par le gouvernement sera-t-elle suffisante ? 
De nouvelles restrictions ont été mises en place depuis le 19 janvier pour tenter d'enrayer la circulation du Covid-19

publié le lundi 22 mars 2021 à 21h00

Les épidémiologistes sont dubitatifs sur la pertinence des nouvelles restrictions qui touchent un tiers des Français. Ce confinement "hybride" suffira-t-il à freiner l'épidémie ?

De nouvelles restrictions ont été mises en place depuis le 19 janvier pour tenter d'enrayer la circulation du Covid-19. "Tout ce que l'on peut faire dehors, on le fait dehors", a insisté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.


Après un premier week-end "confiné à l'air libre" pour une partie de la France, la pression continue d'augmenter sur les services de réanimation et des médecins se font peu d'illusion sur une baisse de l'épidémie de Covid-19 à court terme. 

Le gouvernement mise lui sur l'ouverture de grands centres "pour vacciner massivement les Français" à partir d'avril. En règle générale, ce n'est qu'au bout de quinze jours que de nouvelles mesures sanitaires peuvent faire baisser les hospitalisations.  

Mais certains médecins doutent déjà de l'efficacité de la complexe panoplie de restrictions mise en oeuvre ce week-end pour environ 21 millions d'habitants en région parisienne, dans les Hauts-de-France, en Normandie et dans les Alpes-Maritimes. 

Dans ces régions, et pour au moins quatre semaines, les Français peuvent sortir de chez eux sans aucune limitation dans la durée, mais dans un rayon de 10 km. Le couvre-feu a été repoussé de 18 à 19 heures et plusieurs commerces ont été contraints de baisser le rideau.

Cependant, nous faisons face à des mesures bien moins strictes que lors des deux premiers confinements nationaux, au printemps et à l'automne 2020. "Nous n'aurons pas une baisse de l'épidémie" 

"Le fait que les gens soient dehors ne m'inquiète pas, le problème c'est que les points sur lesquels on aurait dû freiner ne sont pas là", a expliqué, sur LCI, l'épidémiologiste et chef du service parasitologie à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, Renaud Piarroux, en citant notamment "tout ce qui est lié au travail". "Il ne faut pas rêver, on ne va pas avoir une baisse de l'épidémie rapide et permettant de respirer rapidement", a-t-il ajouté.

"Les dernières mesures ne seront pas efficaces. Elles ne sont que des recommandations (télétravail, gestes barrières, isolement) et surtout, la situation est hors de contrôle et la vaccination est trop lente", a prévenu, Gilbert Deray, médecin spécialisé en néphrologie à la Pitié-Salpêtrière.

Face aux critiques sur des mesures sanitaires qui seraient insuffisantes, le gouvernement affiche le souci de préserver la santé mentale de la population, plus de deux mois après l'entrée en vigueur du couvre-feu et bientôt cinq mois après la fermeture des bars, restaurants, lieux culturels et des universités, où les étudiants n'ont pu revenir qu'au compte-gouttes.

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.