Confinement et violences conjugales : Marlène Schiappa annonce la mise en place de "points d'accompagnement éphémères"

Confinement et violences conjugales : Marlène Schiappa annonce la mise en place de "points d'accompagnement éphémères"
La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa à l'Elysée, le 15 mars 202.

, publié le dimanche 29 mars 2020 à 14h10

Selon la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, les signalements des violences conjugales sont en hausse de plus de 30%. 

D'après les chiffres annoncés cette semaine par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, les violences conjugales ont augmenté de plus de 30% depuis le début du confinement, un chiffre confirmé dimanche par la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa. "Nous observons qu'il y a +32% de signalements de violences conjugales en zone gendarmerie en une semaine et +36% dans la zone de la préfecture de police de Paris en une semaine également", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'antenne d'Europe 1. "Ces indicateurs tendent à nous faire penser qu'il y aurait une recrudescences des violences conjugales pendant cette période de confinement", qui a commencé le 17 mars, a-t-elle ajouté.

Pour y faire face, Marlène Schiappa a annoncé la mise en place à partir de lundi de "points d'accompagnement éphémères" dans des centres commerciaux pour accueillir les victimes. "Comme il est plus difficile de se déplacer, nous faisons en sorte que les dispositifs d'accompagnement aillent aux femmes", explique la secrétaire d'Etat dans un entretien au Parisien. Créés "en partenariat avec des associations locales, les services de l'État et Unibail-Rodamco-Westfield, gestionnaire de centres commerciaux", ces "points d'accompagnement éphémères" seront installés dans des locaux "permettant la confidentialité mais assez vastes pour accueillir les femmes en respectant les mesures barrières", détaille-t-elle.



La secrétaire d'État cite "dans un premier temps" pour la région parisienne So Ouest à Levallois-Perret, les 4 Temps à la Défense, Carré Sénart à Lieusaint, le Forum des Halles à Paris, ou les Ulis, et, dans le Nord, V2 à Valenciennes. "Dans un deuxième temps, Dijon, Rennes, Lyon... là où il y a un hypermarché ouvert", ajoute-t-elle, affirmant viser "une vingtaine de points dans les prochaines semaines". "En allant faire les courses, ces femmes trouveront une oreille attentive et un accès à leurs droits d'une manière innovante et efficace", estime-t-elle.

Parallèlement, Marlène Schiappa annonce un "fonds spécial financé par l'État d'un million d'euros pour aider les associations de terrain à s'adapter à la période". Elle promet également de financer "jusqu'à 20.000 nuitées d'hôtel pour que les femmes puissent fuir l'homme violent".

Marlène Schiappa a néanmoins reconnu que le numéro d'appel 3919 dédié aux victimes recevait nettement moins d'appel depuis le début de la période de confinement pour endiguer la propagation du coronavirus. "Ça veut dire qu'il est difficile de téléphoner quand vous êtes enfermés avec l'agresseur", a-t-elle constaté. Pour contrer ce problème, elle a annoncé le lancement d'une "campagne pour faire connaître la plate-forme qui s'appelle arrêtonslesviolences.gouv.fr sur laquelle 24h/24, 7 jours/7, vous avez des policiers et des gendarmes formés qui prennent des signalements, qui lancent des enquêtes et des interventions en matière de violences conjugales".
 

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