Condé-sur-Sarthe : des écoutes annonçaient l'attaque sanglante dans la prison

Condé-sur-Sarthe : des écoutes annonçaient l'attaque sanglante dans la prison©Wochit

, publié le mardi 19 mars 2019 à 14h00

Trois prisons sont bloquées mardi matin, dont celle de Condé-sur-Sarthe (Orne), après qu'un détenu radicalisé a poignardé deux surveillants.

Les surveillants réclament de meilleures conditions de sécurité après cette attaque qui a gravement blessé deux surveillants le 5 mars. L'attentat aurait-il pu être évité ? Le Parisien a eu connaissance de conversations interceptées par le renseignement pénitentiaire la veille de l'attentat

Plusieurs détenus, arrêtés lundi, encouragent Michaël Chiolo à passer à l'acte. Ils lui donnent des indications très précises sur le bon moment pour agir et sur les parties du corps des gardiens à viser, en l'occurrence les côtes.

Malheureusement, ces écoutes ne seront qu'étudiées par les agents du renseignement qu'après les faits.  On entend Michaël Chiolo hésiter, mais le lendemain de l'enregistrement, le prisonnier a profité d'une visite de sa compagne, tuée dans l'assaut du RAID, pour attaquer des surveillants.

"Aucun service de renseignement ne possède les moyens humains d'écouter en temps réel les conversations", d'après un connaisseur du dossier contacté par Le Parisien. Il y avait plus de deux heures d'enregistrements à traiter, soit huit heures de travail.

De plus, ces écoutes visaient en réalité deux de ses codétenus dans le cadre d'un suivi classique de renseignement. Et face aux policiers du Raid, le détenu a affirmé avoir pour projet initial d'attaquer en commission d'application des peines.

Par ailleurs, deux lettres de revendication ont été découvertes par les enquêteurs. L'assaillant et sa compagne justifient leurs actes par leur volonté de défendre "leurs frères" morts en Syrie.

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