Commerces non-essentiels : des écrivains proposent de payer les amendes des librairies qui restent ouvertes

Commerces non-essentiels : des écrivains proposent de payer les amendes des librairies qui restent ouvertes©Panoramic

, publié le dimanche 15 novembre 2020 à 17h25

Comme bon nombre de commerces « non-essentiels », les librairies sont fermées depuis le reconfinement. Dans un contexte de grand mécontentement de la filière, certains commerçants ont décidé de rester ouverts.

Des écrivains ont proposé de prendre à leur charge les amendes, comme l'explique BFM TV.
 
Ce n'est un secret pour personne : le conflit entre les commerces jugés « non-essentiels » et le gouvernement prend de plus en plus d'ampleur. Depuis le reconfinement débuté le 30 octobre dernier, ces établissements « non-vitaux » ont dû garder leur rideau fermé. Jean Castex a confirmé qu'ils ne pourraient rouvrir avant le 1er décembre dans le meilleur des cas. Cette interdiction concerne également les librairies. Et face aux mesures gouvernementales, certains ont décidé de braver l'interdit et de rester ouverts, s'exposant à des amendes. Amendes que certains sont prêts à payer. « Les écrivains français ont décidé de payer les amendes que les libraires recevront. On est en train de se mobiliser, nous ne laisserons pas nos libraires tomber », a déclaré l'écrivain Alexandre Jardin sur BFM TV ce dimanche 15 novembre.


 
Des discussions en cours avec le gouvernement
 
L'auteur de « Le Zèbre » a par exemple expliqué que le prix Goncourt 1994, Didier van Cauwelaert, allait payer l'amende de la librairie très médiatisée de Cannes qui est restée ouverte. « Je prendrai la suivante. Avec les fêtes de fin d'année se joue la survie d'une filière. Ce n'est pas possible que des flics débarquent dans des librairies, a-t-il lâché. Le métier de l'Etat est de favoriser la pensée, la culture. La culture française ne leur appartient pas, elle appartient à la population ». Extrêmement mobilisé, Alexandre Jardin a confirmé que des discussions étaient en cours avec le gouvernement, et notamment la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.
 
« On a lancé un communiqué, une proposition au gouvernement pour renforcer considérablement la sécurité dans nos librairies », a par ailleurs expliqué l'écrivain. Sur Europe 1, le patron des éditions Grasset Olivier Nora a indiqué que les deux derniers mois de l'année étaient en général des périodes cruciales pour la filière du livre, car ils permettent de réaliser entre « 20 et 25 % du chiffre d'affaires habituel ».

La ministre de la Culture, sur France 2 le 14 novembre au soir, est revenue sur la décision du gouvernement de fermer les librairies pendant le confinement, évoquant une mesure loin d'être « absurde ». Une librairie, selon elle, « n'est pas un lieu où on achète un livre comme un paquet de nouilles dans un supermarché. C'est un lieu où l'on feuillette les livres, on les touche, on les repose, on regarde la quatrième de couverture », a-t-elle expliqué dans l'émission On est en direct. Selon elle, le "problème d'une librairie" réside dans le fait que le Covid-19 peut rester plusieurs heures sur des surfaces inertes. Mais elle a tenu à rassurer le milieu du livre : « dès que la situation sanitaire va nous le permettre, on va rouvrir les librairies ».

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