Colonisation : "Embrouille" entre Macron et un jeune Algérien

Colonisation : "Embrouille" entre Macron et un jeune Algérien
Emmanuel Macron à Alger, le 6 décembre 2017.

Orange avec AFP, publié le jeudi 07 décembre 2017 à 18h00

Emmanuel Macron était en visite officielle en Algérie mercredi 6 décembre. L'occasion pour le président français d'évoquer le passé commun des deux pays, mais aussi de prendre un bain de foule dans la capitale, Alger.

Sous les youyous, Emmanuel Macron a été interpellé par un jeune algérien sur le sujet épineux de la colonisation.


Au jeune homme, qui estimait que la France devait assumer son passé colonial, le président a répondu fermement : "Oui, ça y est, ça fait longtemps qu'elle l'a assumé. Qui évite quoi ? moi j'évite quelque chose ? J'évite de venir vous voir ? J'évite de dire ce qui s'est passé ?" Entouré de nombreux agents de sécurité, M. Macron a insisté. "Mais il s'est passé des choses comme je l'ai dit. Il y a des gens qui ont vécu des histoires d'amour ici. Il y a des Français qui aiment encore terriblement l'Algérie, qui ont fait des belles choses. Il y en a qui ont fait des choses atroces", a-t-il estimé.

"On a cette histoire entre nous, mais mois j'en suis pas prisonnier. Mais vous, vous avez quel âge ?", a-t-il ensuite demandé à son interlocuteur, qui lui répond qu'il a 26 ans. "Mais vous avez jamais connu la colonisation, qu'est-ce que vous venez m'embrouiller avec ça ! Votre génération elle doit regarder l'avenir !", a conclu Emmanuel Macron.

RECONNAÎTRE LE "BIEN" COMME "LE MAL"

Devant la presse, Emmanuel Macron -premier président de la Ve République à être né après la guerre d'Algérie-, a affirmé son souhait de ne plus regarder vers le passé. "L'ambition que j'ai pour la relation entre l'Algérie et la France n'a rien à voir avec ce qu'on a fait depuis des décennies", a-t-il déclaré. De ce fait, "je ne suis pas bloqué, je suis très décomplexé" par rapport à ce passé, a-t-il ajouté. "Le piège est de rester dans le déni et de ne jamais en parler, ou d'être dans la repentance et de ne jamais en sortir. Le cœur de notre relation c'est de reconnaître ce qui a été fait de bien comme de mal. J'ai reconnu avec beaucoup de force le mal qui a été fait", a-t-il précisé dans un entretien au site algérien TSA.

Il faisait ainsi référence aux propos qu'il avait tenus lors de son précédent séjour à Alger durant la campagne électorale française. Il avait alors qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité", suscitant des espoirs de "repentance" à Alger et de vives critiques de ses opposants en France.

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