Collision de Millas : les frais d'obsèques des enfants pris en charge par l'État

Collision de Millas : les frais d'obsèques des enfants pris en charge par l'État
La reconstitution de la collision de Millas le 19 décembre 2017.

Orange avec AFP, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 13h12

FAIT DIVERS. Emmanuel Macron a annoncé au maire de Saint-Féliu-d'Avall (Pyrénées-Orientales) que les frais d'obsèques des six collégiens décédés dans l'accident de car de Millas seraient pris en charge par l'État, a rapporté ce dernier à France Bleu Roussillon.

"On m'a dit de ne pas trop le dire, mais je vais le dire quand même : les frais des obsèques seront pris intégralement en charge par l'État", a annoncé Robert Taillant, maire de Saint-Féliu-d'Avall, mercredi 20 décembre, à la veille des obsèques de quatre des six collégiens tués dans la collision entre un car scolaire et un TER à Millas (Pyrénées-Orientales).

"Le président Macron, il va peut-être m'engueuler, il m'a dit qu'il prenait en charge les obsèques", a insisté l'élu au micro de France Bleu Roussillon.



M. Taillant a par ailleurs précisé que les dons récoltés par la Croix-Rouge seront destinés à des frais annexes : "Les gamins ont perdu ne serait-ce qu'un téléphone, un sac scolaire... Ce sont des frais qui sont anodins pour certains, mais qui sont insurmontables pour d'autres."

L'HEURE DU RECUEILLEMENT

Dans le village, une chapelle ardente a ouvert à 11h à la salle polyvalente et est accessible jusqu'à 17h. Des hauts parleurs installés dans le parc de jeux pour enfants situé devant la salle polyvalente diffusent de la musique classique. De nombreuses personnes, la plupart habillées de noir, certains portant des bouquets de fleurs blanches, arrivaient en silence.

Quatre cercueils blancs sont posés devant l'estrade de la salle polyvalente. À gauche des cercueils, une photo, celle de Yonas, dont les obsèques seront célébrées mercredi. Devant chaque cercueil, une photo de l'enfant décédé, quatre garçons. Une collégienne a été inhumée dès lundi

OÙ EN EST L'ENQUÊTE ?

L'enquête se concentrait mercredi sur le témoignage de la conductrice du bus. Interrogée sous le régime de la garde à vue à la gendarmerie de Perpignan, selon une source proche de l'enquête. Blessée lors de la catastrophe du 14 décembre, elle avait déjà été entendue brièvement au lendemain de l'accident.

Cette quadragénaire, mère de famille, a toujours assuré que les barrières étaient "levées". Au lendemain du drame, elle avait affirmé à son employeur avoir "traversé en toute confiance et en toute sérénité le passage à niveau, barrières ouvertes et feu clignotant éteint". Elle est assistée par Me Jean Codognès.

Mais les "constatations matérielles" vont "plutôt dans le sens d'une barrière (du passage à niveau) fermée", a indiqué mardi le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, en charge des investigations. Le conducteur du TER assure, lui aussi, que les barrières étaient fermées. Tout comme les conducteurs des véhicules qui se trouvaient de l'autre côté de la voie, c'est-à-dire face à l'autocar. Des traces, à hauteur "pratiquement de la barrière", ont par ailleurs été relevées sous le phare avant droit du bus, selon le procureur. L'interrogatoire de la conductrice devra aussi permettre de savoir si ces traces procèdent ou non d'un accrochage antérieur.

Il s'agit d'un des accidents les plus graves pour des véhicules transportant des enfants depuis le drame de Beaune en 1982 (53 morts, dont 44 enfants). Le pronostic vital de cinq enfants reste engagé.

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