Collision de Millas : l'enquête accable la conductrice

Collision de Millas : l'enquête accable la conductrice

Le 14 décembre 2017, un TER percutait un autocar scolaire à un passage à niveau à Millas, dans les Pyrénées-Orientales.

Orange avec AFP, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 10h30

Les premiers éléments de l'enquête et les témoignages pointent massivement la responsabilité de la conductrice de l'autocar scolaire percuté par un TER le 14 décembre dernier, à un passage à niveau à Millas, dans les Pyrénées-Orientales, rapporte vendredi 19 janvier franceinfo. Six collégiens du village de Saint-Féliu-d'Avall avaient été tués ce jour-là.


Si la conductrice, mise en examen pour "homicide et blessures involontaires" assure que les barrières du passage à niveau étaient levées au moment de la collision, l'enquête et les témoignages, auxquels franceinfo a eu accès, tendent à prouver le contraire.

Les gendarmes, qui travaillent sous l'autorité de deux juges d'instruction du pôle spécialisé dans les accidents collectifs de Marseille sont formels : "Il n'y a aucune trace ou indice laissant supposer un acte de malveillance qui aurait pu occasionner un dysfonctionnement du passage à niveau (...) Plusieurs éléments évocateurs d'un passage à niveau fermé ont été relevés", a écrit la cellule de gendarmerie au sein de la SNCF.

EXPERTS INDÉPENDANTS

Des experts indépendants ont été missionnés pour mener des contre-expertises techniques qui doivent commencer début février, indique franceinfo. Ils vont examiner les barrières du passage à niveau, le signal sonore lumineux et les boîtes noires du TER. En attendant, il ressort de l'enquête que le train roulait à la vitesse autorisée de 75 km/h et l'autocar à 12 km/h. L'enregistreur de vitesse de ce dernier ne montre aucune trace de freinage. L'avant du véhicule présente toutefois des traces de frottement à une hauteur compatible avec un contact avec une barrière.

DEUX TÉMOIGNAGES ACCABLANTS

Deux témoins capitaux livrent quant à eux un témoignage accablant pour la conductrice. Ils se trouvaient dans une voiture arrêtée de l'autre côté du passage à niveau. Le conducteur du véhicule a indiqué aux gendarmes qu'il a vu le signal sonore lumineux se mettre à clignoter, les barrières s'abaisser de chaque côté, et trois bus arriver en face. "J'ai vu le premier bus qui ne s'arrêtait pas à la barrière", a-t-il dit. Je suis formel : le bus conduit par une femme a forcé le passage à niveau alors qu'il était fermé et que le signal lumineux clignotant rouge était actif." Puis c'est le choc : "J'ai vu le bus s'ouvrir en deux, le pare-brise a été projeté dans notre direction, j'ai entendu des gosses hurler", a témoigné le conducteur.

Ces éléments sont corroborés par les témoignages du conducteur du TER, de sa stagiaire et de deux collégiens présents dans le bus.

LES BARRIÈRES "LEVÉES" SELON LA CONDUCTRICE

De son côté, la conductrice de l'autocar nie toute faute. Si elle n'a pas encore été entendue par les juges depuis sa mise en examen, le 20 décembre, elle a confié, lors de sa première audition deux jours après l'accident, que les barrières étaient "levées". "Les enfants sont calmes, ils rigolent, ils discutent", a-t-elle indiqué, avant de s'effondrer en larmes, selon franceinfo. Interrogée par les gendarmes, elle a confirmé n'avoir ressenti ni fatigue, ni problème physique pendant le trajet qui a précédé le drame. "J'avais bien dormi la veille, j'avais pris mon cachet pour dormir à 20h", a-t-elle dit.

LA QUESTION DU SMS

Par ailleurs, les enquêteurs s'interrogent sur un SMS qu'elle a reçu quelques secondes avant le choc. Le message n'a pas été lu, mais la notification affichée sur son écran de téléphone pourrait avoir attiré son attention. Lors de sa deuxième audition, la conductrice a maintenu ses déclarations. "Il n'y avait rien ce jour-là : ni voyant, ni barrière", a-t-elle répété plusieurs fois.

Enfin, un dernier élément a attiré l'attention des gendarmes : la conductrice empruntait tous les jours le même trajet, à la même heure, et les barrières étaient relevées. Sauf qu'en ce 14 décembre 2017, le train avait 5 minutes de retard...

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55 commentaires - Collision de Millas : l'enquête accable la conductrice
  • depuis le début de ce drame , les témoins ont confirmé barrière baissée ; c'est dur et triste mais la conductrice a bien fait une erreur

    elle prend des cachets pour dormir, quel est donc son problème, normalement elle ne peux pas obtenir le permis et donc pas de boulot
    aurait elle menti lors du controle medical

  • Ceux qui n'ont pas assisté de visu à ce drame qu'ils se taisent et laissent la Justice faire leur Travail !

  • Facile d'accuser la SNCF, bien sur c'est le gros, le puissant qui par définition aura toujours tort même face à l'évidence.
    Ce que l'on peut constater c'est qu'il y avait des voitures de l'autre côté de la fameuse barrière, les conducteurs ont vu l'accident. Et EUX étaient arrêtés et n'ont pas traversé le passage. Bizarre,
    bizarre. Sûrement des "agents" payés par la SNCF

  • moi et deux personnes en face avont attendu 5 mn devant barrières fermées et pas un seul train n'est passé, les barrières se sont levées ont passé, imaginer on traverse et le train arrive quand meme ?

  • C est si facile d accuser la conductrice que la sncf. c est arrivé prés de chez moi avec une voiture la encore la barrière était ouverte personne ne sait encore pourquoi 2ans après l enquete????

    les accidents se produisent essentiellement sur les lignes où la trafic ferroviaire est faible. Des "petites lignes".
    Alors on s'habitue. On mémorise grosso modo les horaires.
    Entre le début des sonneries et le moment où les barrières sont abaissées ils e passe très peu de temps.
    Il faudrait qu'un inconscient aille déclencher la fermeture depuis l'amont et coure très vite vers l'aval pour déclencher la réouverture et simuler ainsi un disfonctionnement . . . tout en sachant où sont les pédales ! et où appuyer hum