Collision car/TER à Millas : les barrières du passage à niveau étaient-elles levées ?

Collision car/TER à Millas : les barrières du passage à niveau étaient-elles levées ?
Le car scolaire a été éventré par le TER (le 15 décembre 2017 à Millas).

Orange avec AFP, publié le vendredi 15 décembre 2017 à 18h19

DRAME. À qui la faute ? Après la collision mortelle entre un car scolaire et un TER survenu jeudi dans les Pyrénées-Orientales, la question est sur toute les lèvres.



L'heure était à l'enquête vendredi 15 décembre au lendemain de la terrible collision entre un autocar scolaire et un train à Millas (Pyrénées-Orientales), dans lequel au moins cinq enfants ont été tués et 15 autres personnes blessées. Une question essentielle, lourde de conséquences judiciaires, reste sans réponse : les barrières du passage à niveau étaient-elles ouvertes, laissant la conductrice du bus s'engouffrer sur la voie, ou étaient-elles fermées?

La conductrice du bus scolaire a été grièvement blessée. Néanmoins, son employeur Christian Faur a pu lui parler. Elle aurait indiqué avoir "traversé en toute confiance et en toute sérénité le passage à niveau, barrières ouvertes et feu clignotant éteint", a-t-il rapporté vendredi. "Nous l'avons rencontrée hier soir sur son lit d'hôpital, elle était parfaitement lucide, elle nous a expliqué avoir traversé en toute confiance et en toute sérénité le passage à niveau, barrières ouvertes et feu clignotant éteint", a déclaré l'un des deux co-dirigeants des autocars Faur, propriétaire du bus accidenté.



"En clair, elle s'est engagée sur la voie ferrée tranquillement en pensant que tout allait bien se passser ce qui malheureusement n'était pas le cas", a-t-il dit à quelques journalistes, visiblement très ému. "Notre conductrice était une conductrice expérimentée, qui travaille chez nous depuis avril 2017 en contrat à durée indéterminée et "en qui nous avons pleine et entière confiance", a-t-il ajouté. Un porte-parole de l'entreprise, dirigée par deux frères, avait délivré le même message peu avant à l'AFP.

M. Faur a en outre déclaré à la presse que le véhicule accidenté "était parfaitement entretenu, son dernier contrôle technique a eu lieu en septembre dernier, la case d'observation était vierge". Il a précisé que l'entreprise avait répondu vendredi matin "en toute transparence et de façon tout à fait sereine" aux "sollicitations" des services de l'État venus contrôler les dossiers administratifs à l'antenne perpignanaise de l'autocariste.

POLÉMIQUE

Les témoignages sur le fonctionnement de ce passage à niveau, une structure de type classique dotée d'une signalisation automatique et de deux barrières, sont contradictoires à ce stade de l'enquête. Celui de la conductrice corrobore les déclarations de certains témoins, selon lesquelles une barrière était levée lors du passage du bus. Mais de source bien informée, le conducteur du train a en revanche déclaré aux gendarmes avoir vu le car foncer dans la barrière fermée.

La SNCF a indiqué de son côté que "selon des témoins, le passage à niveau a fonctionné normalement". Christian Faur a accusé la SNCF de "porter des allégations" et souhaité "qu'à la fin lorsque la vérité sera connue, la SNCF assume ses responsabilités". Dans la foulée, la SNCF a publié un vigoureux communiqué, se déclarant "choquée par les accusations particulièrement graves de la compagnie de cars Faur". "Ces accusations sont formulées sans aucun élément tangible de preuve, et ont un but purement polémique", réplique la compagnie ferroviaire.

LE PRONOSTIC VITAL DE 6 BLESSÉS ENGAGÉS

Le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux a indiqué un peu plus tard que les barrières étaient bel et bien fermées, selon les témoignages recueillis. Toujours selon les témoins, le bus était immobilisé sur le passage à niveau. Il a par ailleurs expliqué qu'au vu de l'état de santé de la conductrice, elle n'avait pas encore été interrogée par les services de police.

Les témoins n'ont pas tous été entendus, a néanmoins précisé Xavier Tarrabeux. Le pronostic vital de 6 blessés est encore engagé, a ajouté le procureur de la République.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.