Collaborateur violent de Macron : l'opposition monte au créneau

Collaborateur violent de Macron : l'opposition monte au créneau
Jean-Luc Mélenchon le 2 juillet 2018 à Madrid, en Espagne.

, publié le jeudi 19 juillet 2018 à 09h30

De nombreux responsables politiques demandent à Emmanuel Macron et à Gérard Collomb de s'exprimer.

La polémique monte.

Après la publication d'une vidéo, mercredi 18 juillet par Le Monde, montrant un collaborateur d'Emmanuel Macron frapper un jeune homme lors des manifestations du 1er mai à Paris, nombreux sont les politiques à réagir.



Le 1er mai dernier, Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet d'Emmanuel Macron, a été filmé en train de frapper un manifestant en marge des violences qui ont émaillé le traditionnel défilé. L'homme a été mis à pied pendant deux semaines après ces violences, avant de retrouver une fonction de chargé de mission à l'Elysée.

"On attend des réponses de Gérard Collomb et Emmanuel Macron"

Le numéro 1 du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est exprimé sur France 2 : "C'est une affaire très grave. On ne peut pas vouloir une République exemplaire et considérer que quand c'est un collaborateur du président de la République, il n'a pas lui à répondre des mêmes règles que n'importe quel Français ", a-t-il estimé. "On doit saisir le procureur de la République et faire en sorte que ce monsieur puisse être redevable devant la justice ", a-t-il encore affirmé.





Jean-Luc Mélenchon a, lui aussi, pris la parole à la mi-journée, réclamant une sanction "exemplaire " et la démission du chef de cabinet du président. "Si nous acceptons que n'importe qui fasse la police à côté de la police, nous ne sommes plus dans un Etat de droit ", a estimé le leader de la France insoumise. Ce dernier a, par ailleurs, partagé un tweet d'Emmanuel Macron, publié le 1er mai dernier, dans lequel il "condamne avec une absolue fermeté les violences" et s'engage à ce que "leurs auteurs soient identifiés et tenus responsables de leurs actes."



Alexis Corbière, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, a dénoncé, mercredi 18 juillet au micro de Franceinfo, "un délit pénal qui mérite de la prison". Selon l'Insoumis, "on ne peut pas tolérer que parmi les forces de l'ordre, des gens qui ne sont pas policiers, portent des coups et fassent du maintien de l'ordre". "Si désormais des conseillers d'Emmanuel Macron se glissent parmi les forces de police, se déguisent en policiers, portent des coups à des manifestants et que tout cela ne débouche que sur 15 jours de suspension, alors que c'est un délit très grave, on marche sur la tête", a-t-il estimé. L'élu réclame "son départ" mais aussi "des sanctions".

"On trouve cette histoire assez incroyable. Depuis quand quelqu'un peut se mêler aux policiers et donner des coups de poing ? Pourquoi les policiers l'ont laissé faire et pourquoi la justice n'a pas été saisie ? Emmanuel Macron a été mis au courant et se contente d'une simple mise à pied ?", s'est interrogé Éric Coquerel, député La France insoumise, sur Franceinfo. "On attend des réponses de Gérard Collomb et Emmanuel Macron", a-t-il ajouté, demandant que "la justice soit saisie pour coups et violences et usurpation de fonction de policier", a-t-il ajouté.

"Incroyable que ce type soit encore au service du président de la République"

"Face à cette double faute et cette agression caractérisée et inacceptable, il doit démissionner", a commenté Rachid Temal, le sénateur PS, sur Twitter.





Génération.s, le parti fondé par Benoit Hamon, l'ancien candidat PS à la présidentielle, a dénoncé, toujours sur Twitter, "l'impunité au sommet".



"Ce dont j'aimerais être sûr, c'est qu'à l'Elysée, on n'a pas cherché à camoufler cette affaire"

De son côté, le fondateur des Patriotes Florian Philippot jugeait "incroyable que ce type soit encore au service du président de la République ! Macron tolère donc cela ?".



"Quand on est à l'Elysée, on doit montrer l'exemple. Aujourd'hui, le sentiment que l'on a, c'est qu'à l'Elysée, on se croit au-dessus de tout", a réagi Laurent Wauquiez, le patron des Républicains. "On attend une réponse du président de la République. Il est évident que le président doit s'exprimer", a-t-il déclaré, ajoutant : "Ce dont j'aimerais être sûr, c'est qu'à l'Elysée, on n'a pas cherché à camoufler cette affaire".



Damien Abad, député Les Républicains, lui, a, lui aussi, réagi : "Dans un pays de droit, c'est aux forces de l'ordre et à elles seules d'assurer la sécurité et à personne d'intervenir et surtout pas à quelqu'un qui est collaborateur d'Emmanuel Macron", a-t-il poursuivi, interrogé par Franceinfo, avant de poursuivre : "Ce qui m'interroge, c'est pourquoi ce secret, ce temps long entre le moment de l'interpellation et le moment où nous apprenons la réalité des faits. Il y a eu un manque de transparence, un manque de clarté et un manque de sincérité."

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