Colis piégé à Lyon: le principal suspect, ses parents et un proche en garde à vue

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Un policier sécurise les lieux de la perquisition à Oullins, près de Lyon, le 27 mai 2019
Un policier sécurise les lieux de la perquisition à Oullins, près de Lyon, le 27 mai 2019
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© AFP, ROMAIN LAFABREGUE

AFP, publié le lundi 27 mai 2019 à 20h17

Un Algérien de 24 ans soupçonné d'avoir déposé un colis piégé qui a fait vendredi 13 blessés légers à Lyon a été interpellé lundi dans cette même ville et placé en garde à vue, ainsi que ses parents et un autre membre de sa famille.

"L'enquête se poursuit, il ne m'appartient pas de vous en dire plus sur le profil de l'individu", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner venu à Lyon avec le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez faire le point de l'enquête. 

"Rien pour l'instant n'est établi. J'appelle chacun à respecter le temps de l'enquête", a-t-il insisté. "Le temps n'est pas aux commentateurs mais à la police", a-t-il ajouté, alors que les motivations du suspect restent mystérieuses.

Le ministre a également souligné le "travail exceptionnel de coopération" mené par la SDAT (Sous-direction antiterroriste), la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) et la police judiciaire lyonnaise.

Outre le principal suspect - "sans activité", a-t-on précisé de source proche de l'enquête - trois autres personnes ont été placées en garde à vue selon le parquet de Paris, chargé de l'affaire. 

Il s'agit d'un lycéen majeur également de nationalité algérienne, membre de sa famille, la mère du principal suspect puis le père de ce dernier. Sa soeur était pour sa part entendue en audition libre.

Lundi matin, le ministre de l'Intérieur avait annoncé très rapidement sur Twitter l'arrestation du jeune homme. Une enquête avait été ouverte dès vendredi pour "tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle". 

Le suspect a été interpellé sur la voie publique à 09H55 dans le 7e arrondissement par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de la police judiciaire lyonnaise, dans le cadre d'une filature depuis son domicile, où les enquêteurs redoutaient la présence d'explosif.

Il a été arrêté sans opposer de résistance, à la descente d'un bus, levant les bras à l'approche des policiers.

Dans l'après-midi, une perquisition a été menée pendant plusieurs heures au domicile de la famille à Oullins, dans la proche banlieue de Lyon. Plus d'une dizaine de véhicules de police, dont un fourgon de la police technique et scientifique, ont bloqué l'accès à la résidence Les Ifs, située dans un quartier populaire de cette commune. 

Des images d'un suspect captées par des caméras de vidéosurveillance municipale avaient été rapidement diffusées par les autorités et un ADN, non identifié, avait également été retrouvé sur le sac qui a explosé vendredi vers 17H30 devant une croissanterie dans une rue commerçante du 2e arrondissement, dans le centre de Lyon.

- Sac en papier -

Selon une source proche du dossier, il y a de fortes suspicions que l'explosif utilisé ait été du TATP (tripéroxyde de triacétone), en faible quantité. Cet explosif artisanal très instable avait été utilisé dans les attentats jihadistes commis à Paris le 13 novembre 2015.

L'explosion a fait 13 blessés légers, neuf femmes dont une enfant de 10 ans et quatre hommes. Onze d'entre eux ont été hospitalisés.

Le colis piégé, un sac en papier kraft déposé sur le bloc de béton où le suspect s'était arrêté à vélo à proximité de la croissanterie, contenait des vis, des billes de métal et des piles, ainsi qu'un circuit imprimé, un dispositif de déclenchement à distance.

La police avait lancé un appel à témoins dès vendredi soir en diffusant des photos du suspect, portant un sac à dos, une casquette et des lunettes dissimulant son visage. Selon M. Castaner, près de 300 appels ont été reçus au 197, le numéro ouvert par les autorités.

Grâce aux images des quelque 200 caméras installées dans le 2e arrondissement, "petit à petit, nos services ont pu reconstituer quel avait été l'itinéraire de ce monsieur à vélo (...) avec des images extrêmement nettes", a détaillé pour sa part Jean-Yves Sécheresse, adjoint du maire de Lyon à la sécurité, précisant que l'homme se déplaçait rapidement avec "un vélo à assistance électrique". 

La France a connu depuis 2015 une vague d'attentats jihadistes sans précédent qui a fait au total 251 morts. Le dernier en date a fait cinq morts et dix blessés le 11 décembre 2018 à Strasbourg. 

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