Colis piégé à Lyon : ce que l'on sait du suspect

Colis piégé à Lyon : ce que l'on sait du suspect
Capture d'écran d'une vidéosurveillance.

, publié le mardi 28 mai 2019 à 11h27

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a affirmé mardi n'avoir "pas de doute" que le suspect en garde à vue était "le responsable" de l'attaque au colis piégé qui a fait 13 blessés vendredi à Lyon.

Un Algérien de 24 ans, Mohamed Hichem M., soupçonné d'être la personne qui a déposé le colis à proximité d'une croissanterie du centre-ville de Lyon a été interpellé lundi 27 mai et placé en garde à vue, ainsi que ses parents et un autre membre de sa famille.

"Je n'ai pas de doute sur le fait nous avons actuellement en détention le responsable de cet acte qui aurait pu tuer", a assuré mardi matin le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur CNews.

"De vraies incohérences"

Le suspect avait "certainement" l'intention de tuer mais "ni le profil qui l'a amené vers l'acte, ni le mobile" ne sont encore établis, a ajouté M. Castaner.

"Dès le début, il y avait un caractère étrange entre la disproportion d'un procédé technique très performant et un volume d'explosif très faible. Il y a de vraies incohérences dans ce dossier", a-t-il relevé.

Selon Le Parisien,  Mohamed Hichem M. a effectué en mars des commandes de piles type LR6, circuits électroniques et autres litres d'eau oxygénée et d'acétone sur le site Amazon en son nom, livrés à Oullins, près de Lyon, où il s'était installé récemment avec sa famille. En revanche, "aucun élément en lien avec l'islam radical n'a été découvert à ce stade", a indiqué au quotidien une source proche de l'enquête. Aucune trace non plus d'un contentieux avec la boulangerie ciblée.  

BFMTV affirme également que les enquêteurs ont retrouvé au domicile familial du suspect des produits chimiques, comme de l'acide chlorhydrique, entrant dans la composition du TATP, un explosif que la police soupçonne d'avoir été utilisé dans la fabrication de la bombe artisanale. Ils ont aussi retrouvé des matériaux électroniques et un sac kraft identique à celui qui a contenu l'engin, ainsi que du matériel de survie et un vélo.




Le jeune homme, "assez peu loquace" depuis le début de sa garde à vue, est "une personnalité totalement inconnue de nos services", a précisé le locataire de la place Beauvau. Interrogé sur la nationalité algérienne du suspect, Christophe Castaner a refusé "de communiquer sur son identité ou sur sa nationalité". Affirmant "ni confirmer, ni infirmer" , il a estimé que "ça ne change rien au fait qu'il y a eu 13 blessés".

Son visa étudiant refusé

Lundi, le maire de Lyon Gérard Collomb l'a présenté comme un étudiant en informatique, mais l'école où il était supposé être inscrit a précisé qu'il n'avait jamais fait partie de l'établissement. "Il y a deux ans, il s'était 'désinscrit' avant la rentrée suite au refus de la délivrance de son visa". "Il avait des visas de court séjour et il a fait ensuite une demande de visa étudiant pour rentrer dans une école. Il n'a pas eu de visa étudiant", a confirmé Christophe Castaner. 

Selon Le Parisien et BFMTV, il est titulaire d'une licence en informatique, décrochée à Oran, où il est né en 1995. Le quotidien précise qu'il était surveillant dans un lycée. Selon une confidence qu'il a faite auprès d'un membre de la salle de sport où il se rendait trois à quatre fois par semaine, il donnait des cours via internet, rapporte BFMTV. 

La mère et le frère du suspect ont également été interpellés et placés en garde à vue. Ils ne sont pas suspectés d'être des complices, mais ils doivent aider les enquêteurs à essayer d'en savoir plus sur lui. Sa sœur a été pour sa part entendue en audition libre.

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