Coline Berry-Rojtman : "j'ai besoin de la reconnaissance des faits"

Coline Berry-Rojtman : "j'ai besoin de la reconnaissance des faits"
Coline Berry le 11 février 2021 à Paris.

, publié le lundi 15 février 2021 à 00h00

Coline Berry-Rojtman accuse son père Richard Berry d'inceste et a déposé plainte contre lui le 25 janvier dernier. Sur Franceinfo, elle revient sur les raisons qui l'ont poussée à parler.

"C'était ça ou j'en crève". Les faits auraient eu lieu entre 1984 et 1986, lorsque son père Richard Berry, vivait avec la chanteuse Jeane Manson. Coline Berry-Rojtman, la fille du comédien Richard Berry, accuse son père d'inceste. L'affaire a été rendue publique le 2 février, après un dépôt de plainte le 25 janvier dernier. Dans sa plainte, Coline Berry-Rojtman dénonce "des faits de viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par ascendant et corruption de mineur". 

La femme de 45 ans, maman de trois enfants, est née de l'union entre Richard Berry et l'actrice Catherine Hiegel. Elle se confie dans un témoignage publié lundi 15 février sur Franceinfo et explique pourquoi cela lui a pris des années pour pour porter plainte. "Quand je pense à mon père, il y a toujours... Ce sont des émotions bouleversantes à chaque fois. Il y a l'amour que je lui porte et il y a le dégoût, la colère. Tout est mêlé, en même temps, ce n'est pas noir ou blanc", explique-t-elle. Coline Berry raconte également avoir eu peur aussi de faire du mal "à (son) père, à (sa) famille, à (ses) grands-parents".


Qu'attend-elle de l'enquête préliminaire qui a été ouverte alors que, les faits étant prescrits, elle devrait être classée sans suite ? "J'ai besoin de la reconnaissance des faits. Je n'ai jamais eu besoin qu'elle s'effectue soit par un procès, soit par un rapport privé entre mon père et moi. Ce que je veux, c'est la reconnaissance. Cela ne m'apporterait rien qu'il soit condamné. J'ai simplement besoin que la réalité, la vérité soient mises en face, que la loi soit mise en face de ce que j'ai vécu (...). Je peux permettre, de par le fait que c'est quelque chose qui se montre sur le devant de la scène, de donner le courage à d'autres de prendre la parole. Pour pointer au niveau de la société le besoin qu'on a, nous les victimes, de s'exprimer", explique-t-elle. Coline Berry estime également apporter "la réparation dans la famille et pour les générations futures". En tant pis, si les faits sont prescrits. "C'est une souffrance. Il n'y a pas de raison à un moment donné qu'on ne puisse pas se délester de ça sous prétexte que l'on n'est pas dans le bon nombre d'années parce que la loi n'est pas rétroactive".

"Ce déni, c'est encore une destruction"

Coline Berry décrit les échanges qu'elle a pu avoir avec son père sur ces accusations. "Quelle que soit la posture qu'il avait, je n'arrivais jamais à la reconnaissance des faits. Ce déni, c'est encore une destruction qui vient s'ajouter à la déchirure que je vis depuis toutes ces années.", explique-t-elle. "Soit il minimise, en les considérant comme anecdotiques. Soit il considère que c'est de la faute de Jeane Manson, dont il aurait subi la liberté sexuelle. Ou alors je suis traité de folle", ajoute Coline Berry. 


Elle a porté plainte le 25 janvier, affirmant avoir décidé de franchir le pas après la parution du livre de Camille Kouchner "La Familia Grande", à l'origine de l'affaire Duhamel et d'une libération de la parole en France sur l'inceste. Le jour même, le parquet de Paris ouvrait une enquête pour examiner la véracité des accusations. Il s'agit aussi de vérifier leur éventuelle prescription, possiblement acquise depuis 2014 et le 38e anniversaire de la plaignante.

Le 2 février, lorsque l'affaire est devenue publique, Richard Berry avait démenti "de toutes (ses) forces et sans ambiguïté ces accusations immondes". "Je n'ai jamais eu de relations déplacées ou incestueuses avec Coline ni avec aucun de mes enfants", avait assuré l'acteur dans un long texte publié sur son compte Instagram. Il avait alors écrit que "les allégations (de sa fille étaient) fausses" et que son récit avait "évolué avec le temps". Selon la plainte, citée par Le Monde, il serait arrivé, autour des années 1984-85, que Richard Berry propose à sa fille "de jouer à l'orchestre avec ses organes sexuels et ceux de sa partenaire" de l'époque, la chanteuse Jeane Manson. L'enfant aurait été "contrainte d'apposer sa bouche sur le sexe" de son père, est-il décrit dans la plainte, selon le quotidien. 

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