Colère des policiers : manifestation surprise sur les Champs-Elysées

Colère des policiers : manifestation surprise sur les Champs-Elysées
Les policiers sur les Champs-Elysées le 12 juin 2020.

, publié le vendredi 12 juin 2020 à 11h49

Ulcérés par les propos du ministre de l'Intérieur prônant une tolérance zéro pour des faits de racisme, les policiers participent vendredi 12 juin à une manifestation non déclarée à Paris pour dénoncer "le climat ambiant" de "stigmatisation du policier (qui) doit s'arrêter".

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner tente de désamorcer la colère des policiers en recevant jeudi et vendredi les syndicats après avoir prôné lundi une "tolérance zéro" pour le racisme dans les forces de l'ordre, dont la suspension sera "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" en la matière. En vain. 




Plusieurs syndicats de police, dont Alliance et UNSA Police, participent vendredi 12 juin à une manifestation non déclarée sur les Champs-Elysées, à Paris, après plusieurs rassemblements organisés par Unité SGP Police jeudi soir. Une nouvelle action "très forte symboliquement", a estimé Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance Police nationale, sur BFMTV.

"Il y aura un effet de surprise. L'ensemble des représentants du personnel, dans toutes les régions de France, vont défiler et lancer le mot d'ordre que s'il n'y a pas de police, il n'y aura jamais de paix. Les policiers aussi se font massacrer, et là c'est bien réel contrairement à ce qu'on peut dire ailleurs, il existe des photos à l'appui", avait-t-il précisé un peu plus tôt.

Avec cette action, les syndicats de policiers souhaitent dénoncer "le climat ambiant" de "stigmatisation du policier (qui) doit s'arrêter", a par ailleurs affirmé Fabien Vanhemelryck. "À travers le ministère de l'Intérieur, c'est le gouvernement tout entier qui doit arrêter et choisir son camp : la police nationale", a-t-il ajouté.

Les membres des forces de l'ordre ont commencé à se ressembler autour de l'arc de Triomphe autour de 10 heures. Une vingtaine de voitures ont descendu les Champs-Elysées en direction de la place Beauvau derrière une banderole affichant "pas de police, pas de paix". Une minute de silence a été respectée à l'approche du ministère de l'Intérieur et de l'Elysée en hommage aux policiers décédés ou blessés en service. Les manifestants ont ensuite chanté la Marseillaise.

"Il n'y a pas que le ministre de l'Intérieur (...) On est venu dire au président Macron qu'il doit soutenir, respecter, considérer sa police (...) La police n'est pas raciste, la police est républicaine (...), elle ne choisit pas sa délinquance, elle ne choisit pas la couleur de la délinquance (...) et elle sauve des vies quelle que soit la couleur de la peau de l'individu", a déclaré à la presse Fabien Vanhemelryck.

"C'est au président de s'emparer de ce dossier"

"Dans un moment de crise comme celui-là, les présidents des deux précédents quinquennats nous ont reçus. J'espère que le président Macron nous entendra car cela dépasse largement le cadre du ministère de l'Intérieur. C'est au président de la République de s'emparer de ce dossier", a ajouté Philippe Capon de l'Unsa, dénonçant lui aussi une "stigmatisation" des policiers.

Pour Patrice Ribeiro du syndicat Synergie, on "conspue la police". "On s'est senti sali", a-t-il dit. "On a pris le terrorisme, on a pris les 'gilets jaunes', on a pris le respect du confinement sans masque (...) On se fait conspuer, pourquoi ? Parce qu'au plus haut niveau de l'Etat on a peur d'une minorité agissante (...), on voudrait que les politiques, au premier rang desquels le président de la République, nous apportent leur soutien, il doit nous recevoir", a-t-il ajouté.

Jean-Paul Mégret, du syndicat SICP, a déploré que l'institution soit "mise à mal". "Quand c'est par votre propre ministre, quand c'est par le plus haut sommet de l'Etat qui ne dit pas un mot, qui ne fait pas un geste symbolique (...) je pense qu'on a un véritable problème", a-t-il déclaré.

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