Clermont-Ferrand : une jeune femme soupçonnée de radicalisation en garde à vue

Clermont-Ferrand : une jeune femme soupçonnée de radicalisation en garde à vue
La jeune femme devrait être transférée dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret.

, publié le vendredi 12 août 2016 à 14h08

Mercredi soir, une jeune fille tout juste majeure et arrivée dans la région clermontoise depuis peu a été arrêtée par les services de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Ces derniers avaient repéré des "messages inquiétants" sur Telegram, la messagerie cryptée prisée des jihadistes, révèle ce vendredi une source judiciaire.

La jeune femme, née en juin 1998, a été "repérée par la DGSI dans le cadre de la surveillance des chaînes de Telegram", a précisé cette source confirmant une information du quotidien régional du Centre, La Montagne.

La section antiterroriste du parquet de Paris a déclenché dans la foulée, mardi, une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle". La jeune femme devait être transférée au siège de la DGSI à Levallois-Perret, près de Paris, pour y poursuivre sa garde à vue, d'après une source policière. Comme le prévoit la loi en matière d'antiterrorisme, les enquêteurs peuvent l'interroger pendant quatre jours (96 heures), soit jusqu'à dimanche.

Dans une récente affaire, un juge d'instruction antiterroriste a mis en examen lundi et placé en détention provisoire une mineure de 16 ans, elle aussi repérée sur Telegram. La jeune fille y avait exprimé son intention de commettre un attentat en France et "relayé de nombreux messages de propagande du groupe État islamique" (EI), selon une source proche de l'enquête. L'adolescente, domiciliée à Melun, a été mise en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle" et "provocation à la commission d'actes de terrorisme par un moyen de communication en ligne".

LE "PROBLÈME TELEGRAM"

Les tueurs jihadistes du prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray, égorgé en pleine messe le 26 juillet, avaient fait connaissance via Telegram quelques jours avant leur passage à l'acte. À l'issue du 8e conseil de défense depuis l'attentat de Nice le 14 juillet, jeudi, Bernard Cazeneuve a assuré qu'il rencontrerait son homologue allemand Thomas de Maizière le 23 août pour "lancer une initiative européenne destinée à préparer une initiative plus internationale" sur la question du chiffrement.

"Beaucoup des messages échangés en vue de la commission d'attentats terroristes le sont désormais par des moyens cryptés, ce qui rend difficile le travail des services de renseignement", a expliqué M. Cazeneuve, évoquant "un enjeu considérable sur lequel les interpellations récentes, les enquêtes conduites par les services de renseignements montrent l'importance de l'enjeu et la nécessité d'y faire face au plan international". "C'est une question sur laquelle nous travaillons, sur laquelle la France est en première ligne", a-t-il ajouté.

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