Classement "trompeur" des hôtels français : Google condamné à une amende d'un million d'euros

Classement "trompeur" des hôtels français : Google condamné à une amende d'un million d'euros
Panneau à l'entrée d'un hôtel cinq étoiles.

, publié le lundi 15 février 2021 à 12h35

Le géant du web a été épinglé par la Répression des fraudes pour avoir classé les hôtels, selon ses propres critères, en utilisant un système qui prêtait "grandement à confusion par sa présentation" par rapport au "seul classement officiel existant en France", qui va de une à cinq étoiles.

Google ne peut pas mettre en avant son propre classement des hôtels et le substituer au "seul classement officiel existant en France", en reprenant le système d'étoiles. Le géant du web, qui proposait, sur son moteur de recherche, sa propre classification, établie selon ses propres critères, a été condamné à une amende d'un million d'euros pour "classement trompeur", a annoncé lundi 15 février la Répression des fraudes.




L'affaire débute en 2019 lorsque la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) lance une enquête après avoir été saisie de "plaintes d'hôteliers dénonçant l'affichage sur Google d'un classement trompeur des hébergements touristiques". En 2019 et 2020, la Répression des fraudes contrôle donc "la nature et la loyauté des informations délivrées par la plateforme".

Elle passe au crible les classements de plus de 7.500 établissements, les comparant "sur un nombre conséquent de cas", au "seul classement officiel existant en France et délivré par Atout France", allant de une à cinq étoiles.

Il est ainsi apparu que Google "avait substitué au classement Atout France une classification établie selon ses propres critères", qui "prêtait grandement à confusion par sa présentation et par l'utilisation identique du terme 'étoiles', selon la même échelle allant de un à cinq, pour classer les hébergements touristiques".

Cette pratique, "particulièrement dommageable pour les consommateurs, trompés sur le niveau de prestations auxquels ils pouvaient s'attendre" en réservant un hébergement, portait également préjudice aux hôteliers "dont les établissements étaient présentés à tort comme moins bien classés que dans le classement officiel d'Atout France", dit la DGCCRF.



Estimant que cela "constituait une pratique commerciale trompeuse", la DGCCRF a transmis au Parquet de Paris les conclusions de ses investigations. Cela a abouti à une transaction : "les sociétés Google Ireland et Google France ont corrigé leurs pratiques et, après accord du procureur de la République de Paris, ont accepté de payer une amende de 1,1 million d'euros dans le cadre d'une transaction pénale". Depuis septembre 2019, Google utilise le classement officiel délivré par Atout France.

Du côté du principal syndicat de l'hôtellerie restauration, l'Umih, Laurent Duc, président de la branche hôtellerie, s'est dit "très satisfait", de cette décision. "C'était crucial pour nous de protéger les étoiles des hébergements classés. Ce classement fait par Atout France a une valeur, il correspond à plus de 250 points à respecter : superficie de la chambre, présence d'une salle de bains, nombre de prises... Nous nous sommes insurgés contre cela dès 2008", a-t-il précisé.

Or Google "ne voulait rien entendre et continuait à utiliser des étoiles basées sur des commentaires de consommateurs, ce qui trompait le public car en France les étoiles sont réservés aux hôtels, résidences de tourisme et camping classés. Ils mettraient des petites fleurs ou des petits chapeaux pointus, il n'y aurait pas de problème", a-t-il ajouté. 
 

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