Christophe Castaner assume d'avoir décoré des policiers mis en cause dans des violences contre les "gilets jaunes"

Christophe Castaner assume d'avoir décoré des policiers mis en cause dans des violences contre les "gilets jaunes"
Christophe Castaner, le 14 juillet 2019 à Paris.

, publié le vendredi 19 juillet 2019 à 16h02

Sur une liste de quelque 9.000 membres des forces de l'ordre qui ont été décorés par le ministère de l'Intérieur d'une médaille pour leur engagement dans des opérations d'ordre public figurent au moins cinq agents "impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières", selon Mediapart. "S'il y a des sanctions, la médaille sera retirée", a assuré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. 

Après des révélations de Mediapart, le ministère de l'Intérieur a confirmé dans un communiqué que 9.162 noms ont été retenus dans le cadre d'une "promotion exceptionnelle" de la médaille de la sécurité intérieure, intitulée "Engagement exceptionnel des forces de sécurité intérieure 2018-2019".

L'arrêté a été signé le 16 juin et doit être publié courant juillet au bulletin officiel du ministère de l'Intérieur, est-il précisé.

Dans un article publié mercredi 17 juillet, Mediapart affirme qu'au moins cinq agents "impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières" ont été distingués de cette médaille de la sécurité intérieure pour leur engagement dans des opérations d'ordre public, principalement dans le cadre de la mobilisation des "gilets jaunes" débutée le 17 novembre 2018.




"Si des décorations ont été attribuées à tort, elles seront retirées", a assuré jeudi à l'AFP l'entourage du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Dans un communiqué, la place Beauvau a rappelé que "les enquêtes disciplinaires ou judiciaires s'effectuent de manière indépendante, à charge et à décharge, et il n'appartient pas à des tiers de désigner nommément des personnels pour des faits qui ne sont pas définitivement établis".

Appelant au respect de la procédure judiciaire, Christophe Castaner a de son côté expliqué vendredi avoir décoré "9.000 policiers qui, pendant de longs mois, ont été hyper mobilisés pour préserver la République". "Ne jetons pas en pâture quelques noms, a-t-il plaidé en marge d'un déplacement en Eure-et-Loire, rapporte Franceinfo. "Les cinq noms repris dans la presse, il n'y a aucune mise en cause contre eux. Il y a une règle simple : (...) s'il y a des sanctions, la médaille sera retirée", a-t-il insisté.

Qui sont les cinq policiers mis en cause ?

Parmi les policiers ciblés, se trouvent deux commissaires mis en cause dans l'enquête sur les violences subies par Geneviève Legay, une manifestante de 73 ans blessée à Nice en mars lors d'une charge de police contre un rassemblement interdit de "gilets jaunes". Deux officiers dont les noms figurent dans les enquêtes sur le passage à tabac de "gilets jaunes" dans un fast-food à Paris, et dans le décès d'une octogénaire à Marseille, Zineb Redouane, sont également distingués.

Mediapart, qui fustige des "médailles de la honte", inclut dans sa sélection le commissaire divisionnaire qui encadrait la charge policière très controversée survenue près des bords de Loire, la nuit de la fête de la musique à Nantes, le 21 juin. Un jeune homme, Steve Maia Caniço, qui participait au rassemblement festif, a disparu. Ses proches sont convaincus qu'il est tombé dans le fleuve en raison de la charge des policiers.

 

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