"Chômeurs qui partent en vacances aux Bahamas" : un député LREM fait polémique

"Chômeurs qui partent en vacances aux Bahamas" : un député LREM fait polémique
Le député LREM de Seine-Maritime Damien Adam, le 13 mai 2017 à Paris.

Orange avec AFP, publié le jeudi 09 novembre 2017 à 18h15

Après Christophe Castaner et Laurent Wauquiez, c'est le député LREM de Rouen (Seine-Maritime) Damien Adam qui est critiqué pour des propos assurant que "certains chômeurs partent aux Bahamas" grâce à leurs indemnités.

Dans une interview accordée le 4 novembre à Paris Normandie, Damien Adam, était interrogé sur la nécessité ou non de durcir les critères de contrôles des demandeurs d'emploi : Réponse de l'intéressé : "Ce n'est pas une question de sévérité mais plutôt de définir des règles claires et comprises par tout le monde. Car quand vous êtes salarié et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l'assurance chômage, il est légitime de se dire que ce système marche sur la tête", a assuré l'élu.

"Nous souhaitons que les demandeurs d'emploi se disent que la nation leur fait confiance à condition de respecter les règles".



Des propos passés inaperçus jusqu'à ce qu'un opposant socialiste local, Arnaud Mouillard, ne les relaie sur son son blog. "Ces propos n'engagent que celui qui les a tenus et ne reflètent pas du tout la position du groupe", a déclaré la porte-parole du groupe LREM, Aurore Bergé, interrogé par Le Lab d'Europe 1. Le député a dit "regretter" ses déclarations dans un message posté ce jeudi sur Twitter. "Mon intention n'a jamais été d'incriminer tous les chômeurs. Le mot 'certains' n'était pas adapté, puisqu'il s'agit d'une minorité. Je ne voulais pas pointer du doigt les demandeurs d'emploi dans leur ensemble", s'est-il défendu.

Pour information, des billets aller-retour Paris-Nassau (capitale des Bahamas) coûtent au minimum 760 euros sur Air France et le plus souvent beaucoup plus. Selon Les Échos de ce jeudi 9 novembre, le dispositif de contrôle de la recherche d'emploi des chômeurs, généralisé il y a plus d'un an et demi par Pôle emploi, a abouti à 14% de radiations pour 270.000 contrôles menés. 86% des personnes contrôlées ont démontré qu'elles remplissaient bien leurs obligations, précise le quotidien. Et sur les 14% radiées in fine, seules 40% étaient indemnisées par l'Unédic, les autres relevant soit du régime de solidarité (23%) ou ne touchant plus rien (36%).

Dans le détail, sur 100 personnes contrôlées, 11 ont retrouvé un emploi pendant le contrôle ou n'étaient plus soumises à obligation de recherche, en cas de formation par exemple, et 55 ont démontré qu'elles étaient bien dans les règles après une simple vérification administrative. Sur les 34 personnes restantes, avec qui un conseiller a pris contact, 20 ont pu également démontrer qu'elles étaient dans les règles ou ont été remobilisées grâce à un accompagnement renforcé. Restaient donc 14 personnes radiées, pour lesquelles les droits ont été suspendus pendant 15 jours, conformément à la loi.

Emmanuel Macron s'est engagé à aller plus loin en multipliant par cinq les effectifs de contrôleurs pour les porter à 1.000, en contrepartie du projet d'extension de l'assurance-chômage aux indépendants et aux démissionnaires.

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