Chômage : plus d'un milliard de trop-versés par l'Unédic en 2017

Chômage : plus d'un milliard de trop-versés par l'Unédic en 2017
"Le phénomène ne date pas d'hier mais son ampleur semble s'être accrue depuis quelques années", écrit Le Monde.
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Orange avec AFP, publié le mardi 24 avril 2018 à 18h46

Selon les informations du journal Le Monde, les allocations octroyées à tort aux demandeurs d'emploi ont franchi la barre du milliard d'euros à la fin 2017. Une première.

Ce chiffre a progressé de 36% depuis janvier 2015.

Comment expliquer cette hausse ? Pour le directeur de la maîtrise des risques et de la performance à l'Unédic, Rémy Mazzocchi, "l'amélioration des systèmes de détection" y est pour beaucoup. À cela s'ajoute, selon lui, l'augmentation du nombre d'inscrits à Pôle emploi durant la période.

Des mesures de prévention sont à l'étude

De son côté, la directrice de la réglementation et de l'indemnisation de Pôle emploi, Élisabeth Guegen, estime qu'"il convient de le relativiser" ce chiffre "dans la mesure où il correspond à un peu moins de 3% des allocations attribuées aux demandeurs d'emploi". Elle précise qu'un peu plus de la moitié des indus sont également restitués, même si le taux de recouvrement a légèrement baissé en 2017 (56,9% au lieu de 57,2%).



Le quotidien du soir précise que "des mesures de prévention sont à l'étude". Elles seront examinées ce mercredi 25 avril par le bureau de l'Unédic, l'association co-pilotée par les partenaires sociaux qui gère l'assurance-chômage. La question avait déjà fait l'objet d'un rapport du médiateur national de Pôle emploi, Jean-Louis Walter, en 2013.

Ce chiffre recouvre plusieurs dimensions, expliquait-il alors : "la fraude", "les erreurs et les omissions" mais également des "situations de détresse sociale où la nécessité contraint à (...) dissimuler une activité pour conserver l'indemnisation".



Une "mission d'audit et de diagnostic", réalisée en 2017, précisait, elle, que "plus de 80% des indus" sont concentrés sur des allocataires occupant un poste - et qui cumulent, du même coup, une rémunération et l'assurance-chômage. 38% d'entre eux prétendaient ne pas travailler alors que c'était, en réalité, le cas, précisait le rapport. Les autres ne déclaraient pas ou ne justifiaient pas "tous les salaires perçus".

"L'erreur est susceptible de venir des deux côtés"

"Des indus peuvent survenir car l'allocataire en situation de multiactivité est (...) tenu d'agréger lui-même ses multiples salaires, au risque de commettre une erreur dans le calcul ou un oubli", précise une note de l'Unédic. Autre cas : les personnes qui ont plusieurs employeurs, comme les "assistantes maternelles".



"L'erreur est susceptible de venir des deux côtés, des chômeurs mais aussi de Pôle emploi", explique la présidente du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). "Les allocataires sont tenus de produire des documents, comme des fiches de paie, que leur employeur ne communique pas toujours dans les délais".

Pour le membre de le secrétaire général de la CGT spectacle, Denis Gravouil, le système s'avère "catastrophique" pour certaines personnes qui "sont, très souvent, de bonne foi". "Elles se retrouvent dans des situations intenables et même si un échéancier est mis en place pour étaler les paiements, elles peuvent basculer dans la spirale du surendettement".

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