Chômage partiel : "Pas de raisons" que l'État continue de payer l'intégralité des salaires du privé, selon Muriel Pénicaud

Chômage partiel : "Pas de raisons" que l'État continue de payer l'intégralité des salaires du privé, selon Muriel Pénicaud
Muriel Pénicaud à Paris, le 3 septembre 2019.

, publié le lundi 11 mai 2020 à 14h06

Après le 1er juin, les entreprises vont devoir progressivement reprendre en charge les salaires de leurs employés.

La prise en charge du chômage partiel dans le secteur privé par l'État va être progressivement réduit, dans le sillage du déconfinement, a prévenu lundi 11 mai la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

"Aujourd'hui, il y a 12,2 millions de salariés qui sont couverts par le chômage partiel", soit "six emplois sur dix du secteur privé", a déclaré Mme Pénicaud sur LCI, en assurant que ce dispositif avait permis d'éviter une vague de licenciements massifs. Mais "aujourd'hui, les conditions de la reprise sont là.

Donc il n'y a pas tellement de raison que ce soit l'Etat qui continue à payer l'intégralité des salaires de 12 millions de salariés en France", a poursuivi la ministre sur LCI.


"C'est pour ça qu'on va définir je pense dans la semaine quelle est la part de salaire que paiera l'entreprise", a-t-elle précisé, en indiquant que ce montant n'était "pas encore décidé". "Ce sera modeste dans un premier temps mais progressif", a-t-elle néanmoins promis.

Les salariés du privé mis au chômage partiel par leur entreprise bénéficient actuellement d'une garantie de 84% du salaire net (100% au niveau du Smic), que l'Etat et l'assurance chômage remboursent intégralement aux employeurs dans la limite de 4,5 Smic. En raison du déconfinement, le gouvernement a toutefois prévu que les entreprises contribuent dans des "proportions raisonnables" aux salaires des employés maintenus au chômage partiel, après le 1er juin -l'objectif étant d'inciter à la reprise d'activité.  Le chômage partiel restera néanmoins pris en charge "à taux plein" dans certains secteurs comme l'hôtellerie et la restauration, qui ne sont pas autorisés à reprendre leur activité.

Interrogée par l'hebdomadaire "Entreprise et carrières" sur la nécessité d'augmenter le temps de travail comme l'a préconisé l'institut Montaigne, la ministre a répété que "le droit du travail comprend déjà suffisamment de dispositions comme l'annualisation du temps de travail ou le recours aux heures supplémentaires". 

"Je serai contente le jour où la question de la durée du travail se posera vraiment... Dans une crise, il faut se focaliser sur les sujets prioritaires", a-t-elle ajouté. 

"Un monde nouveau"

De son côté, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire a appelé les Français à "se sentir personnellement concernés" pour permettre à l'économie de repartir, tout en maintenant des conditions sanitaires suffisantes dans le pays. "Nous rentrons dans un monde qui est nouveau, dans lequel il faut que nous apprenions à conjuguer activité économique, travail et circulation du virus, et le succès de ce défi que nous avons à relever, il dépendra de chacun d'entre nous", a affirmé le ministre sur BFM Business.

"Ce n'est pas uniquement les chefs d'entreprise, ce n'est pas uniquement les responsables politiques, c'est chaque citoyen qui doit se sentir personnellement concerné", a-t-il insisté, tout en souhaitant "une reprise importante du travail". Ce retour au travail et le redémarrage de nombreuses entreprises doit permettre de "remettre la France en état de marche", mais "dans des conditions de sécurité sanitaire qui doivent être maximales", a encore précisé M. Le Maire.

Une "nouvelle culture du travail" doit "se mettre en place partout dans l'économie française", a précisé le ministre plus tard dans la matinée au micro de BFM TV, lors de la visite d'un chantier à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). "Ici, sur ce chantier, tout est nouveau et demande d'avoir une nouvelle culture du risque", a-t-il  dit. Dans tous les secteurs, "il y aura une phase d'adaptation": la reprise de l'activité économique représente "un défi qui est considérable, personne n'a de vérité révélée dès le premier jour, il faut regarder ce qui marche, regarder ce qui ne marche pas et corriger au fur et à mesure", a détaillé Bruno Le Maire.

Il a appelé à la poursuite du respect des gestes barrières dans les entreprises et les usines. "C'est comme cela que nous réussirons le déconfinement, et c'est comme ça que nous retrouverons un volume de production, une capacité productive au niveau de ce que doit être l'économie française", a-t-il indiqué.

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