"Chemise arrachée": le parquet requiert la relaxe pour Air France, assignée par la CGT

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 Le 5 octobre 2015, une manifestation organisée à Roissy avait dégénéré quand la foule des grévistes avait envahi le Comité central d'entreprise où la direction venait d'agiter la menace d'un plan de suppressions de 2.900 emplois

Le 5 octobre 2015, une manifestation organisée à Roissy avait dégénéré quand la foule des grévistes avait envahi le Comité central d'entreprise où la direction venait d'agiter la menace d'un plan de suppressions de 2.900 ...

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© AFP

AFP, publié le vendredi 26 janvier 2018 à 23h33

Air France a-t-elle indirectement provoqué l'épisode de la "chemise arrachée" du DRH en restreignant le droit de  grève de ses salariés ? La CGT l'affirme et a assigné en justice la compagnie aérienne mais n'a pas convaincu le parquet de Bobigny vendredi.

La question, qui était examinée par le tribunal correctionnel, renvoie au 5 octobre 2015. Ce jour-là, une manifestation organisée devant le siège de la compagnie à Roissy avait dégénéré quand la foule des grévistes avait envahi le Comité central d'entreprise où la direction venait d'agiter la menace d'un plan de suppressions de 2.900 emplois.

Les vidéos de deux DRH d'Air France escaladant un grillage pour fuir la colère des manifestants, torse nu pour l'un, la chemise en lambeaux pour l'autre, avaient fait sensation. 

Quatre responsables de ces violences ont été condamnés en novembre 2016 à Bobigny et leur procès en appel se tiendra en mars à Paris. 

Mais deux d'entre eux ont décidé de poursuivre en justice leur ex-employeur, qu'ils jugent être le véritable responsable de ces violences en ayant fait bloquer l'accès au siège par des sociétés de sécurité privées.

Les deux plaignants, Fabrice Lhermitte et Vincent Martinez, associés à la CGT Air France, ont invoqué contre leur ex-employeur un délit rarement sanctionné depuis sa création à la fin du 19e siècle: "l'immixtion dans un conflit social". 

Aux côtés de la compagnie comparaissaient vendredi deux sociétés de sécurité, Lancry et ISN (International security network), auxquelles  elle avait fait appel en prévision de la manifestation. 

"Cette affaire n'est pas un écran de fumée: on est là parce qu'on considère que le droit de grève, qui est un principe constitutionnel, a été violé par Air France", a dit l'avocate des plaignants, Me Lilia Mhissen. La compagnie a voulu faire échec à un piquet de grève et faire la police chez elle" en recrutant des agents de sécurité, a-t-elle ajouté. 

L'argumentaire n'a pas convaincu le parquet. La procureure a rappelé que la loi du 12 juillet 1883 établissant le délit d'immixtion avait été adoptée "en réaction à l'expulsion violente d'employés grévistes dans une entreprise du Calvados par des vigiles".

Or, pour la représentante du parquet, Air France n'a pas recruté des agents pour "empêcher une action syndicale mais pour assurer la sécurité" de son personnel. Et "heureusement qu'Air France a pris de telles mesures", a ajouté la procureure, suscitant des remous dans la salle parmi les soutiens des plaignants, tous CGT.

Jugement le 23 mars.

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12 commentaires - "Chemise arrachée": le parquet requiert la relaxe pour Air France, assignée par la CGT
  • L'emploi de la violence ne devrait pas affecter des gens censés être responsables et intelligents . Les syndicats ne sont pas de la racaille de banlieue. Ils n'ont pas le droit de l'employer à la place du dialogue.

  • je pense qu'il y a que des patrons sur ce forum ou des nantis .
    pour critiquer ainsi la cgt qui défend les ouvriers .
    je préfère la cnt comme syndicat

  • La violence , c'est chose grossière , palpable , saisissable chez les ouvriers, un geste, une menace , il est vu , il est noté. un acte une brutalité il est vu , il est retenu . Le patronat n'a pas besoin , lui , pour exercer une action violente , des gestes désordonnés et des paroles tumultueuses ! quelques hommes se rassemblent , à huit clos , dans la sécurité , dans l'intimité d'un conseil d'administration , et à quelques uns , sans violence , sans gestes désordonnés , sans éclat de voix , comme des diplomates causant autour d'un tapis vert ils décident ; Ainsi tandis que l'acte de violence de l'ouvrier apparait toujours et toujours défini , toujours aisément frappé , la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons des grands capitalistes , elle se dérobe, elle s'évanouit dans une sorte d'obscurité ;
    Jean Jaurès 17 juin 1906 discours à la chambre des députés

  • il faut mieux mettre 3000 personnes a la porte que d'arracher une chemise ...ceux qui critique je leur souhaite d'être un jour licencié et je pense que ce là ils auront certainement comprit mais hélas un peu tard .

  • Dans cette affaire,la CGT défend l'indéfendable.Faut-il laisser les cégétistes casser et violenter?NON,ces gens doivent être sévèrement punis.

    pour compléter votre intervention ou faut il laissé les entreprises licenciés en faisant du bénéfice ?

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