"Chemise arrachée" à Air France: prison avec sursis requis en appel

"Chemise arrachée" à Air France: prison avec sursis requis en appel

Xavier Broseta, ex-DRH d'Air France, tente de franchir un grillage après avoir été pris à partie par des salariés de la compagnie aérienne à Roissy, le 5 octobre 2015

AFP, publié le lundi 19 mars 2018 à 19h42

Les images de deux cadres d'Air France, chemises arrachées par des manifestants, avaient fait le tour du monde. Des "violences intolérables" selon l'avocat général, qui a requis, comme en première instance, des peines de prison avec sursis contre quatre ex-salariés de la compagnie jugés en appel.

Ces "violences intolérables" ont "dégradé l'image d'Air France, de ses personnels", mais aussi "les couleurs de la France que la compagnie transporte à travers le monde", a dit le magistrat, en réclamant lundi à Paris une peine aggravée pour deux des quatre prévenus, tous membres de la CGT.

Contre l'un d'eux, relaxé en première instance en 2016 à Bobigny, il a requis 3 mois d'emprisonnement avec sursis. Cinq mois avec sursis ont été requis contre le deuxième, initialement condamné à trois mois avec sursis.

Il a demandé que soit confirmée la peine de trois et quatre mois avec sursis des deux autres ex-salariés. Tout comme les peines d'amende de 500 euros prononcées contre huit autres prévenus pour des "dégradations" commises le 5 octobre 2015. 

Ce jour-là, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant 2.900 emplois à Air France avait dégénéré, lorsqu'une foule de manifestants avait envahi le siège de la compagnie à Roissy, où se tenait un Comité central d'entreprise (CCE).

Violemment pris à partie alors qu'ils exposaient le plan, Xavier Broseta, le DRH de l'époque, et Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier, avaient dû fuir sous les huées, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second. 

- "Humiliation" -

Les images des deux cadres forcés d'escalader un grillage pour échapper à la foule avaient fait le tour du monde. Une "humiliation" a raconté à la barre Pierre Plissonnier. Tandis que Xavier Broseta a fait part de "l'ombre portée" sur sa vie professionnelle, a rappelé l'avocat général.

Pour le magistrat, ce sont notamment les vidéos tournées ce jour-là et diffusées à l'audience qui permettent d'établir l'implication des prévenus. 

Alors que plusieurs d'entre-eux se sont défendus à la barre de toute intention violente, les "faits sont fondés", pour les "dégradations" comme pour les "violences", a-t-il ajouté. 

Si le magistrat a dit prendre en compte le contexte social de l'époque, "comprendre" l'"inquiétude" de l'intersyndicale face aux suppressions de postes redoutées, il a déploré que dans cette affaire "il y a bien un noyau de personnes qui étaient venues avec l'idée d'en découdre".

Le procès doit s'achever avec la plaidoirie des avocats des prévenus mardi après-midi, trois jours avant une nouvelle grève pour les salaires à Air France. Un mois après un précédent mouvement qui avait conduit à l'annulation d'un quart des vols.

Depuis l'épisode de la chemise arrachée, le contexte a changé au sein de la compagnie, redevenue profitable. Résultat: les syndicats n'en sont plus à mobiliser contre un éventuel plan social, mais pour une revalorisation des grilles salariales de 6%, comme ils le réclameront vendredi.

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36 commentaires - "Chemise arrachée" à Air France: prison avec sursis requis en appel
  • bien!!!
    le syndicalisme ne justifie pas tout et des violences aggravées sont des violences aggravées même si c'est des "travailleurs" syndiqués qui en sont à l origine

  • Climat social apaisé ?
    Alors que les syndicats appellent à la grève pour la 2ème fois ?
    Les syndicats à Air France comme ceux de la SNCF ont leur propre rente à défendre et ils sont violents par nature
    Les sanctions sont ridiculement basses pour de tels agissements

  • Que d'histoire pour cette affaire . Ils ont certainement tort , mais ils les ont simplement bousculés . A ceux qui crient que cette violence est inadmissible, et même certains qui réclament la prison ( des fadas) que pensent 'ils des violences morales faites par ces grosses entreprises qui se moquent de ce que vont devenir ceux qui restent sur le carreau ? Il est bien connu que certains DRH n'y vont pas de main morte .

  • Dans tous les cas... Aucune excuse n'est admise pour les violences physiques ! Les syndicats ont tout faux, et il faut combattre ces exactions, et les réprimer, et par seulement par du sursis !

  • Les attendus des magistrats sont des guenilles.
    Bien sur quand on défend son emploi, on à pas envie des discussions bidons des RH