Charlie Hebdo : 5 ans après l'attentat, "on n'a jamais vraiment cessé de rire", témoigne Riss

Charlie Hebdo : 5 ans après l'attentat, "on n'a jamais vraiment cessé de rire", témoigne Riss
Riss, à Strasbourg, en novembre 2019

, publié le mardi 07 janvier 2020 à 09h22

Le patron de l'hebdomadaire satirique estime que cinq années après l'attentat qui a décimé sa rédaction, "les choses ont évolué". "Sur le fond, on est quand même un peu moins seuls", note t-il, déplorant en parallèle l'émergence d'un nouveau "moralisme" et une censure qui s'est "privatisée".

"Il faut pas qu'on se prive de rire, ça fait partie de nos vies". Il y a cinq ans jour pour jour, deux terroristes faisaient irruption dans les bureaux de Charlie Hebdo et ouvraient le feu, faisant 12 morts et 11 blessés. "Je suis là et on est là.

Plus déterminés à exister et à vivre que jamais", a témoigné Riss sur Franceinfo, ce mardi 7 janvier. "On n'a jamais vraiment cessé de rire. C'est une partie de notre identité", insiste le directeur de la publication, rappelant son combat pour la liberté d'expression. "Ca devrait être la raison d'être de tout média et de tout média indépendant". "C'est aussi notre rôle et ce qui nous rassure sur le fait qu'on est dans un pays libre".


Le directeur de la rédaction estime à ce titre que "depuis 5 ans, les choses ont évolué". "Beaucoup de gens sont extrêmement attachés à la liberté. A travers Charlie, c'est aussi la liberté de chacun que les citoyens défendent. Cette préoccupation est toujours présente dans l'esprit de beaucoup de Français", commente t-il, voyant aussi des changement dans la sphère politique. "Sur l'intolérance religieuse, c'est assez identifié. Les politiques ont pris conscience des problèmes de communautarisme". "Sur le fond, on est quand même un peu moins seuls", résume t-il.

"Quand les gens sont trop libres, ça inquiète"

Dans un numéro anniversaire, Charlie Hebdo s'en prend aux "nouveaux gourous de la pensée formatée" et donne la parole à des proches des victimes. Selon Riss, le journal vise une "nébuleuse d'associations ou d'individus qui lancent des espèces de fatwas contre tous ceux qui ne pensent pas comme ça". "La censure n'est plus étatique. Elle s'est privatisée", juge le dessinateur. "Ca peut être assez terrifiant parce que n'importe qui peut se permettre de lancer des fatwas à son bon vouloir", ajoute t-il, s'en prenant à un "nouveau moralisme". "Quand les gens sont trop libres, ça inquiète".


"Hier, on disait merde à Dieu, à l'armée, à l'Église, à l'État. Aujourd'hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d'école", écrit-il dans son éditorial, paru ce mardi.

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