Charente : trois gardes à vue après la "décapitation" de Macron par des "gilets jaunes"

Charente : trois gardes à vue après la "décapitation" de Macron par des "gilets jaunes"
Des "gilets jaunes" manifestent à Rochefort, le 24 novembre 2018.

, publié le vendredi 28 décembre 2018 à 21h30

Une enquête a été ouverte pour "provocation publique à la commission d'un crime" et "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique".

Les images avaient provoqué la colère du gouvernement. Trois "gilets jaunes" ont finalement été placés en garde à vue vendredi 28 décembre, à Angoulême, dans l'enquête sur la "décapitation" d'un pantin à l'effigie d'Emmanuel Macron lors d'un rassemblement de "gilets jaunes"

Les trois hommes ont été entendus au commissariat en tant qu'organisateurs de la manifestation - qui avait fait l'objet d'une déclaration en préfecture - après une enquête ouverte pour "provocation publique à la commission d'un crime" et "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé le parquet.

Une trentaine de "gilets jaunes" se sont rassemblés dans la matinée en soutien au trio, qui devait passer la nuit en garde à vue.

Une affaire "politico-judiciaire"

L'enquête faisait suite à un signalement au parquet par la préfète de Charente.

Celle-ci avait "dénoncé avec la plus grande fermeté" des faits "portant gravement atteinte tant à la personne qu'à la fonction du président de la République".

Lors du rassemblement pacifique au parc de Bourgines à Angoulême, auquel participaient une cinquantaine de "gilets jaunes", un "procès" fictif d'Emmanuel Macron avait été simulé, à l'issue duquel le pantin à l'effigie du chef de l'Etat avait été décapité à la hache.



La préfecture avait signalé "des faits graves", "susceptibles d'être qualifiés pénalement". Elle rappelait que si la manifestation avait fait l'objet d'une déclaration en préfecture, "le détail de son déroulement n'avait pas été précisé".

L'avocat des trois hommes, Me Pierre-Henri Bovis, a regretté ces prises de position donnant à l'affaire un "tournant politico-judiciaire".

Des journalistes mis en cause

Il a estimé que ses clients étaient victimes d'une "lourde médiatisation", "contre leur gré", d'un "événement qui relevait d'un second degré", une "pièce de théâtre organisée par des 'gilets jaunes', pour des 'gilets jaunes'".

"Si cela a choqué, ils en sont conscients et prêts à s'excuser", mais "ils ont agi dans un cadre légal", et "ont usé de leur droit de manifester et d'organiser un événement déclaré en préfecture, sans haine ni violence".

Trois journalistes, dont un photographe de la Charente Libre, qui avaient couvert le rassemblement, ont par ailleurs été entendus par la police, où ils avaient été convoqués non comme témoins mais comme "mis en cause".

Le Syndicat national des Journalistes s'en est ému dans un tweet : "Trois journalistes de @charentelibre mis en cause pour avoir couvert une manifestation. Mais où va-t-on ? Et la liberté d'informer ?", s'est indigné le premier syndicat national de la profession.

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