Chant du coq, meuglement des vaches : un maire de Gironde veut inscrire les bruits ruraux au patrimoine national

Chant du coq, meuglement des vaches : un maire de Gironde veut inscrire les bruits ruraux au patrimoine national©Panoramic

6Medias, publié le vendredi 24 mai 2019 à 19h46

A travers une lettre ouverte adressée aux parlementaires, le maire de Gajac (Gironde) Bruno Dionis du Séjour propose d'inscrire les différents bruits ruraux au patrimoine national.

Le monde rural bientôt estimé à sa juste valeur ? C'est en tout cas l'objectif de Bruno Dionis du Séjour. Il est le maire de Gajac, une commune de 400 habitants située à 70 kilomètres au sud de Bordeaux.

Selon Le Figaro, il a exprimé ce vendredi 24 mai son « ras le bol » via une lettre ouverte aux parlementaires français. Il désire inscrire au patrimoine nationale les bruits ruraux. Cela inclurait de nombreux sons comme le « chant du coq, l'aboiement familier du chien, la cloche de l'église, le meuglement des vaches, le braiement de l'âne et le pépiement des oiseaux ».

Cette surprenante idée a pris naissance à la suite de nombreuses plaintes qu'il a reçues en tant que maire. Il explique que certaines personnes « d'origine urbaines la plupart du temps », poussées par leur « égocentrisme », auraient déposé des plaintes. Elles pointaient du doigt des nuisances sonores qui les dérangeaient trop à leur goût.  D'autres régions avaient reçu le même type de protestations. En août 2018 en Lozère, un couple de Parisiens avait pointé du doigt la nuisance nocturne provenant des cloches de l'église, réussissant à faire décaler l'horaire de base. Un maire de l'Oise avait également pris un arrêté municipal contre les aboiements des chiens.

La campagne en danger

Bruno Dionis du Séjour souligne les nombreuses contraintes des travailleurs du monde rural. Il ne manque pas de rappeler qu'un agriculteur ou un éleveur a souvent besoin de disposer d'animaux ou de machines agricoles « parfois même le dimanche où, lorsque certains ont la chance de se reposer, d'autres n'ont d'autres choix que de travailler. »

Cette requête pourrait bien voir le jour. Près de 31 maires autour de la commune dont il appartient auraient d'ores et déjà apporté leur soutien. Parmi eux, le maire de Sauveterre-de-Guyenne (Gironde) Yves d'Amécourt affirme sur son compte Twitter que ce serait un moyen de soutenir les petites communes qui « se retrouvent face à des emmerdeurs. » Le député UDI de Lozère Pierre Morel-A-L'Huissier promet dans Le Figaro de déposer un projet de loi pour porter cette idée d'ici une dizaine de jours.
 

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