Changement climatique : les médias n'accordent "pas assez de place" aux questions d'environnement pour plus d'un Français sur deux

Changement climatique : les médias n'accordent "pas assez de place" aux questions d'environnement pour plus d'un Français sur deux
Dégâts causés par le Dixie Fire en Californie, aux Etats-Unis. Le 24 septembre 2021.

publié le dimanche 26 septembre 2021 à 11h59

35% s'estiment insuffisamment informés sur le sujet, une part qui grimpe à 48% chez les 18-24 ans, "génération pourtant la plus concernée", selon une étude Viavoice pour les Assises du journalisme de Tours, publiée samedi 25 septembre. 
 
Une majorité des Français reste préoccupée par les problématiques liées au climat. selon Selon une étude Viavoice pour les Assises du journalisme de Tours, publiée samedi 25 septembre, plus d'un Français sur deux (53%) estime que les médias et les journalistes n'accordent "pas assez de place" aux "questions posées par le changement climatique et l'environnement".



Seuls 13% des personnes interrogées jugent au contraire que le sujet occupe "trop de place" dans les médias, et 30% "la place qui convient", d'après ce sondage effectué en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France.

Si une majorité (61%) se considère "suffisamment" informée "par les journalistes et les médias sur le changement climatique", ce "sentiment d'information est, en détail, plus nuancé", relèvent les auteurs de l'étude.

Ainsi, seuls 11% des sondés déclarent se sentir "tout à fait" suffisamment informés, 50% s'estimant "plutôt" suffisamment informés. Un "ventre mou" qui témoigne "d'une marge de progression importante à combler".

Au total, 35% s'estiment insuffisamment informés, une part qui grimpe à 48% chez les 18-24 ans, "génération pourtant la plus concernée". 




Invités à choisir jusqu'à trois réponses pour qualifier le traitement médiatique du changement climatique, les sondés le jugent majoritairement "anxiogène" (35%), "catastrophiste" (33%) et "moralisant" (25%), contre 19% le trouvant "mesuré", 12% "vérifié" et 8% "rigoureux".

Les sondés souhaiteraient que le changement climatique soit plutôt traité de manière "constructive, porteuse de solution" (51%), "vérifiée" (42%) et "pédagogique" (35%).

"Connaître les engagements d'un média pour limiter son impact environnemental" pourrait en outre encourager près de 60% des sondés "à le consommer au détriment d'un autre moins respectueux de son empreinte écologique".

La pandémie traitée de manière "anxiogène"

L'étude s'est également penchée sur la couverture de la pandémie de Covid-19 jugée, comme l'année dernière, "anxiogène" et "excessive" (45%), les médias lui ayant donné une "place trop importante" aux yeux de 60% des personnes interrogées.

Autre enseignement, 57% des sondés considèrent que les journalistes ne sont pas suffisamment outillés et n'ont pas une culture scientifique suffisante face à la nécessité d'informations vérifiées et fiables scientifiquement.

Ce sondage a été réalisé en ligne du 1er au 4 septembre, auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population française adulte, selon la méthode des quotas.

Elle est publiée en amont des 14e Assises du journalisme, qui auront pour thème l'urgence climatique et les responsabilités journalistiques, du 29 septembre au 1er octobre à Tours.

Greta Thunberg mobilise en Allemagne

Vendredi en Allemagne, la militante écologiste Greta Thunberg a reproché aux partis politiques de "ne pas en faire assez" pour lutter contre le réchauffement, dans un discours adressé à des milliers de personnes mobilisées à Berlin pour défendre le climat, à deux jours des législatives allemandes.

"Oui, nous devons voter et vous devez voter. Mais n'oubliez pas que le vote seul ne suffira pas. Nous devons continuer à descendre dans la rue et à exiger de nos dirigeants qu'ils prennent des mesures concrètes en faveur du climat", a lancé l'activiste suédoise.

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