Centre du don des corps : un ancien préparateur mis en examen pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre"

Centre du don des corps : un ancien préparateur mis en examen pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre"
(illustration)

, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 16h30

Les perquisition qui ont visé ce préparateur ont permis de découvrir des ossements.

L'affaire avait grand bruit en novembre 2017 : locaux vétustes, dépouilles putréfiées et rongées par les souris, soupçon de marchandisation des corps... Centre du don des corps de l'Université Paris Descartes avait été pris dans la tourmente après un article paru dans l'Express. Un ancien préparateur en anatomie de l'établissement a été mis en examen pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre", a-t-on appris mercredi 9 décembre de source judiciaire. Il avait été placé en garde à vue et fait l'objet de perquisitions le 2 décembre.

"Ces investigations ont notamment permis la découverte de divers ossements", a ajouté cette source, selon laquelle ce préparateur a été "placé sous contrôle judiciaire" à l'issue de sa mise en examen "avec notamment interdiction de se rendre dans l'établissement et d'entrer en contact avec les employés".

C'est la première personne mise en cause dans ce dossier.

Dans un article publié le 27 novembre 2019, l'Express avait dénoncé les "conditions indécentes" de conservation de dépouilles de "milliers de personnes ayant fait don de leur corps à la science". Ces révélations avaient conduit la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal à ordonner la fermeture du "temple de l'anatomie française", fondé en 1953 et qui accueillait chaque année plusieurs centaines de corps donnés volontairement à la science.


Chargées d'une inspection administrative, dont les conclusions ont été publiées le 13 juin, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale de l'éducation du sport et de la recherche (Igésr) avaient estimé que l'Université Paris-Descartes était responsable de "graves manquements éthiques" dans la gestion du CDC, qui ont perduré pendant plusieurs années. L'ancien président de l'Université Paris-Descartes entre 2011 et 2012, Frédéric Dardel, a été entendu le 12 novembre en garde à vue par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et est ressorti libre.

Principale lanceuse d'alerte, Dominique Hordé, ex-secrétaire générale du Centre, a elle été entendue début novembre comme témoin par le juge d'instruction Adrien Lallement.

À ce jour, environ 170 plaignants se sont manifestés auprès de la justice, selon une source judiciaire. L'Université de Paris, nouvelle entité issue de la fusion en janvier dernier de Paris-Descartes et Paris-Diderot, a demandé à se constituer partie civile dans ce dossier, au nom d'"un préjudice réputationnel", mais cela lui a été refusé.

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