Centenaire de Verdun : derniers préparatifs avant les commémorations

Centenaire de Verdun : derniers préparatifs avant les commémorations
Le Monument aux enfants de Verdun morts pour la France, à Verdun, le 27 mai 2016. (Illustration)
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Orange avec AFP, publié le samedi 28 mai 2016 à 16h45

Personnalités politiques, passionnés d'histoire, collégiens... Verdun attire ce week-end une foule, réunie pour le souvenir d'une des plus meurtrières batailles de la Grande Guerre.

Alors que les relations franco-allemandes sont grippées, François Hollande et Angela Merkel s'apprêtent à célébrer le centenaire de la bataille de Verdun.

Ils sont attendus dimanche à l'ossuaire de Douaumont, plus de 30 ans après François Mitterrand et Helmut Kohl honorant main dans la main la mémoire des soldats. Dans le même temps, les "reconstituteurs" et des collégiens s'imprègnent eux aussi du destin des soldats de la Grande Guerre.

Le président français a lui-même indiqué le sens qu'il voulait donner à cette célébration: "le geste de Mitterrand avec Helmut Kohl, les mains qui se cherchent et qui se trouvent, c'est le symbole de la réconciliation. Ce que nous avons à faire avec la chancelière, ce n'est pas une réconciliation, elle est faite (...), c'est de dire ensemble ce que nous voulons faire dans ce moment précis pour l'Europe" alors que celle-ci est "atteinte par le mal du populisme". M. Hollande et Mme Merkel débuteront cette journée commémorative à 10h30 au cimetière allemand de Consenvoye. L'image forte dimanche sera l'entrée du président et de la chancelière, accompagné chacun d'un enfant, dans l'immense nef de l'ossuaire de Douaumont sous laquelle sont ensevelis les ossements de 130.000 soldats français et allemands. C'est devant cet ossuaire qu'en décembre 1984 Helmut Kohl et François Mitterrand avaient signifié dans un geste hautement symbolique l'amitié franco-allemande.


Au même moment, sonnera le glas jusqu'à des kilomètres à la ronde en mémoire d'une bataille qui fit de février à décembre 1916 plus de 300.000 victimes dans les deux camps. Mme Merkel et M. Hollande prononceront chacun un discours d'une dizaine de minutes, dans lesquels l'actualité européenne aura toute sa place, souligne l'Elysée. Lors d'un déjeuner de travail les deux dirigeants évoqueront les grands dossiers européens, en particulier la crise des réfugiés, qui met à mal le couple franco-allemand. Mais aussi la menace d'un Brexit, à un mois du référendum britannique qui doit décider le 23 juin du maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

UNE "GRANDE CONFIANCE" ENTRE LA FRANCE ET L'ALLEMAGNE

La chancelière allemande a souligné le signe de "grande confiance" que constitue l'invitation de François Hollande à participer aux commémorations. "Être invitée à ces commémorations montre à quel point les relations entre la France et l'Allemagne sont bonnes aujourd'hui (...)" et traduisent "une grande confiance", a déclaré la chancelière dans son podcast vidéo hebdomadaire.

Soulignant la dimension européenne de cette commémoration, les présidents de la commission et du parlement européens Jean-Claude Juncker et Martin Schulz seront également présents lors de l'inauguration du Mémorial de Verdun rénové. Ce n'est pas la première fois que François Hollande et Angela Merkel commémorent ensemble la Grande Guerre. Le 8 juillet 2012, le président français, élu deux mois plus tôt, avait ainsi accueilli Angela Merkel à Reims pour célébrer la réconciliation franco-allemande, scellée 50 ans auparavant par le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, dans cette autre ville martyre de la guerre 14-18.


La jeunesse et la transmission sont les deux thèmes placés au coeur des commémorations de dimanche, selon le voeu de l'Elysée, alors que plus aucun poilu n'est encore en vie pour témoigner. Devant l'ossuaire de Douaumont, nécropole nationale où reposent 160.000 soldats, ils seront 4.000 adolescents de 14 à 16 ans, français et allemands, à réaliser dimanche une chorégraphie. La moitié d'entre eux est arrivée à Verdun dès jeudi, pour quatre jours d'ateliers pédagogiques et de visites.
La préparation du centenaire de Verdun a été entachée par la controverse sur la tenue d'un concert du chanteur Black M après les cérémonies. Celui-ci a finalement été annulé par le maire de la ville à l'issue d'une vive polémique, alimentée par de nombreux élus essentiellement d'extrême droite et de droite, qui s'indignaient de certaines paroles du chanteur, notamment d'une chanson où il qualifie la France de "pays kouffar" (pays de mécréants en arabe).

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