Ce que l'on sait de l'attaque à Paris devant les ex-locaux de Charlie Hebdo

Ce que l'on sait de l'attaque à Paris devant les ex-locaux de Charlie Hebdo
Le Premier ministre Jean Castex (C), entouré du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et de la maire de Paris Anne Hidalgo, sur les lieux de l'attaque près des ex-locaux de Charlie Hebdo le 25 septembre 2020 à Paris

, publié le vendredi 25 septembre 2020 à 21h29

Deux personnes blessées à l'arme blanche au pied de l'ancien immeuble de Charlie Hebdo, en plein procès des attentats de janvier 2015: ce que l'on sait de l'attaque qui intervient dans un contexte de menaces accrues pour l'hebdomadaire satirique.

- Que s'est-il passé ? -

Peu avant midi vendredi, un homme muni d'un hachoir a blessé deux personnes, un homme et une femme, tous les deux âgés d'une trentaine d'années, près des anciens locaux du journal, rue Nicolas Appert, dans le XIe arrondissement de Paris.

"Leurs vies ne sont pas en danger, dieu merci", a déclaré le Premier ministre Jean Castex lors d'un déplacement sur les lieux.

Selon Paul Moreira, fondateur et co-dirigeant de l'agence de presse télé Premières Lignes, ils ont tous deux été blessés "au niveau du haut du corps", alors que l'homme a également été touché à la tête. 

Les deux victimes sont employées par la société de production Premières Lignes, installée dans la rue. Ils étaient en "pause cigarette" lorsque l'agresseur a surgi.

"Un type est arrivé de nulle part et sans rien dire, a commencé à les frapper, ils ont hurlé et mais heureusement ils ont eu assez d'énergie pour fuir et échapper à leur agresseur", a raconté Paul Moreira. 

"J'ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue", a ajouté, auprès de l'AFP, une employée de la société.

Depuis l'attentat du 7 janvier 2015, au cours duquel 12 personnes avaient été tuées par les frères Kouachi, Charlie Hebdo n'occupe plus ses locaux du XIe. La rédaction a déménagé à une adresse tenue secrète.

- Qui sont les suspects interpellés ? 


Peu après les faits, un homme a été interpellé à proximité de la place de la Bastille. Âgé de 18 ans, il est né au Pakistan, selon une source proche de l'affaire. Il s'agit de l'"auteur principal des faits", a déclaré Jean-François Ricard, le chef du parquet national antiterroriste (Pnat), en charge de l'enquête. 

Arrivé en France "voilà trois ans, comme mineur isolé", selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, il ne présentait "aucun signe de radicalisation" a affirmé le conseil départemental du Val-d'Oise, qui l'a pris en charge via l'aide sociale à l'enfance.

"Il n'était pas fiché S" ni inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), a indiqué le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Il avait été arrêté en juin en possession d'une arme blanche, "un tournevis" selon une source proche du dossier.

Peu après l'attaque, un autre homme, âgé de 33 ans, avait également été placé en garde à vue "afin de procéder à un certain nombre de vérifications" sur "ses relations avec l'auteur principal", a dit M. Ricard.

Lors d'une perquisition en fin de journée à Pantin (Seine-Saint-Denis) à l'un de ses domiciles supposés, cinq hommes, nés entre 1983 et 1996, ont été interpellés et placés en garde à vue, selon une source judiciaire.

L'information judiciaire ouverte par le Pnat pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle" a été confiée à la police judiciaire parisienne et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

- Quel est le contexte ?

L'attaque a eu lieu "dans un lieu symbolique", "au moment même où se déroule le procès des auteurs des actes indignes contre Charlie Hebdo", a souligné vendredi Jean Castex, qui a rappelé l'"attachement indéfectible" du gouvernement "à la liberté de la presse" et "sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme".

Elle survient alors que la rédaction de Charlie Hebdo fait l'objet de nouvelles menaces depuis que l'hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l'occasion de l'ouverture du procès, prévu jusqu'au 10 novembre.

Gérald Darmanin a déclaré avoir demandé au préfet de police Didier Lallement "les raisons pour lesquelles la menace a été manifestement sous-évaluée" dans la rue Nicolas Appert.

"Depuis le démarrage du procès de Charlie Hebdo, il n'y a eu absolument aucune sécurisation de cette rue et de cet immeuble symboliques", a déploré Luc Hermann, co-dirigeant de Premières Lignes.

Après une courte suspension vendredi au procès des attentats de janvier 2015, l'audience a repris sans aucune mention par la cour d'assises spéciale de Paris de l'attaque, selon une journaliste de l'AFP.

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