Carburants : faut-il aider davantage les automobilistes ?

Carburants : faut-il aider davantage les automobilistes ?©Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

publié le mercredi 26 janvier 2022 à 07h00

Pour faire face à la hausse des prix du carburant, le barème permettant de calculer l'indemnité kilométrique pour les ménages imposés déclarant leurs frais professionnels va être "rehaussé de 10%", a annoncé mardi Jean Castex. Une mesure jugée trop restrictive pour certains. 

Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement fait en geste en faveur des gros rouleurs.

Alors que les tarifs des carburants ont à nouveau franchi des niveaux record la semaine dernière, Jean Castex a annoncé mardi 25 janvier le relèvement de 10% du barème permettant de calculer l'indemnité kilométrique pour les ménages imposés déclarant leurs frais professionnels. Ce relèvement devrait être officialisé "dès cette semaine" par un arrêté, a précisé le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée. 





Pour les quelque 2,5 millions de foyers concernés, "l'effet sera rapide et direct dès leur déclaration d'impôt sur les revenus 2021 ou les bénéfices de l'année dernière", a assuré M. Castex. Selon le chef du gouvernement, "cette revalorisation a vocation également à servir de référence, et donc potentiellement à se répercuter, sur les indemnités kilométriques directement versées par les employeurs à leurs salariés qui utilisent leur véhicule personnel".

L'exécutif a ainsi choisi de cibler "ceux de nos concitoyens qui roulent beaucoup, c'est-à-dire ceux pour qui le véhicule est finalement un moyen de travail ou de recherche d'emploi", a précisé le chef du gouvernement, citant par exemple les "infirmières" ou "aides à domicile" en milieu rural.

Une mesure trop restrictive ?

Une mesure ciblée qui a ses limites, puisqu'elle exclut les Français qui ne paient pas d'impôts sur le revenu, soit presque un ménage sur deux. Le commissaire européen Thierry Breton recommande ainsi de verser directement, "vraisemblablement jusqu'à l'été", des "chèques spécifiques" aux "ménages défavorisés".

Dominique Marmier, président de Familles rurales, propose une "baisse de la TVA et un chèque supplémentaire" pour aider les ménages. "On a comparé une famille qui vit en ville avec une famille qui vit dans les territoires. C'est quasiment 600 à 1.000 euros de plus sur l'année rien que pour la facture déplacement", a-t-il indiqué.

Une mesure exclut par l'exécutif.  Ce "n'est pas la solution" car cette mesure "n'est pas ciblée sur ceux qui en ont le plus besoin", et elle "coûte des milliards avec le risque qu'elle soit immédiatement effacée si le cours du baril grimpe encore", a plaidé mardi M. Castex, répétant les propos du ministre de l'Economie Bruno Le Maire la veille. 

De son côté, le Medef propose de remplacer "l'aide aux transports versées par les entreprises aux intercommunalités" par "une indemnité essence ou véhicule" d'environ "300 euros par salarié et par an", a déclaré mardi matin son président, Geoffroy Roux de Bézieux sur France 2. 

"Le gouvernement continue de travailler sur ces sujets avec les producteurs et les distributeurs, en fonction de l'évolution des cours, pour chercher des mesures pratiques. Mais il y a très peu de mesures qui ont un impact substantiel sur quelque chose qui ne dépend pas de nous et qui sont les cours mondiaux", avait de son côté commenté Emmanuel Macron mardi midi, avant l'annonce de son Premier ministre. "Et si on veut le faire dans un temps utile, les instruments sont assez réduits". A plus long terme, il a jugé que la clé était de moins dépendre des énergies fossiles et des importations.

 

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