Carburant : les Français annulent leurs week-end

Carburant : les Français annulent leurs week-end
Une station-service en rupture de carburant à Tinteniac le 20 mai 2016 (Illustration)

Orange avec AFP, publié le vendredi 27 mai 2016 à 18h30

Les hôteliers et restaurateurs ont constaté ce vendredi d'"annulations importantes" à Paris et dans le Grand Ouest, en raison des mouvements de grève et des problèmes de carburant de ces derniers jours.

Les mobilisations contre la loi Travail ont des conséquences inattendues. Alors qu'environ 20% des stations-service étaient encore en difficulté en France à cause des blocages, la crainte de tomber en panne d'essence a fait douter de nombreux Français à l'approche du week-end, les poussant même parfois à annuler leur escapade au grand désespoir des professionnels du tourisme.

"Depuis 48h, nous avons enregistré 20% d'annulations des réservations pour le week-end à venir pour la zone grand ouest, et de 15 à 25% d'annulations pour Paris", a regretté auprès de l'AFP Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants (GNI). Ces annulations, qui concernent aussi des restaurateurs, "s'ajoutent au contexte difficile d'annulations que connaissent les hôteliers et restaurateurs depuis les attentats de novembre à Paris et de Bruxelles en mars dernier", ajoute Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih).

Les réservations de dernières minutes ont chuté de 19% et les annulations ont doublé ces derniers jours sur la plateforme de réservation Weekendesk. "Les annulations vont porter sur les régions plus excentrées, car il y a plus de kilomètres à faire, comme la Normandie, la Bretagne ou la Bourgogne" analyse pour BFMTV le directeur général de Weekendesk. À Trouville, certains hôtels ont même enregistré jusqu'à 90% de désistements selon la chaîne d'information.



UNE GRÈVE INADMISSIBLE

"Une grève de cette ampleur à quelques semaines de l'Euro 2016 et du cœur de la saison touristique est plus qu'inadmissible", martèle le GNI dans un communiqué. "Alors même que les taux de réservations étaient déjà décevants, nous redoutons dorénavant des départs anticipés des touristes étrangers et des annulations massives de séjours", souligne-t-il. Selon le GNI, "la saison touristique à venir est en péril et, de manière générale, l'économie touristique qui était déjà en état de convalescence après les attentats de novembre dernier", affirme-t-il.

"Nos entreprises sont directement impactées par les mouvements de blocage et par les grèves : elles sont confrontées à des problèmes d'approvisionnement et subissent des annulations importantes pour les jours à venir", écrit l'Umih dans un communiqué, soulignant que ses entreprises et ses salariés "demandent à pouvoir travailler sereinement".

Les hôteliers et restaurateurs ne sont pas les seuls à subir les blocages, les loueurs de voiture sont également à la peine. Conséquence des pénuries d'essence, ils ont de plus en plus de mal à récupérer des voitures louées avec le plein, ce qui ne leur permet pas de les proposer à nouveau à la location rapporte BFMTV.

VERS DES AMÉLIORATIONS

Si la CGT maintient la pression, en appelant par exemple à la grève illimitée de la raffinerie Total de Donges, et alors que six des huit raffineries françaises étaient toujours touchées par des mouvement de grève ce vendredi, la situation devrait néanmoins s'améliorer pour les automobilistes. Tous les dépôts pétroliers ont été débloqués ce vendredi en France continentale, à l'exception d'un seul en grève, dans les Yvelines. "Ces dépôts débloqués permettent d'augmenter les capacités de livraison, ce qui permet d'approvisionner de plus en plus de stations-services", a indiqué le porte-parole du secrétariat d'État aux transports, soulignant une amélioration sur le front des carburants.



Environ 20% des stations-service étaient encore en difficulté, mais "ça s'améliore partout, dans toutes les régions. Cela s'améliore fort dans le nord et il y a une bonne amélioration dans l'ouest. Il y a aussi une tendance à l'amélioration dans toutes les autres régions, y compris l'Île-de-France", selon la même source. En Seine-Maritime par exemple, la proportion de stations-services à sec est tombée à 10% contre 20% jeudi, selon la préfecture. Total a indiqué que dans son réseau de 2.200 stations, un peu moins d'un tiers (659) étaient en rupture totale (297) ou partielle (362), d'après un point de la situation à 17H00. Jeudi matin, le groupe en dénombrait encore 815. Le groupe a dit mobiliser plus de 1.000 camions vendredi pour charger du carburant, contre 350 en temps normal, ce qui représente "plus de 1,6 million de pleins de 35 litres".

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