Cannabis thérapeutique : "il y a des malades qui en ont besoin", pour le député LREM Olivier Véran

Cannabis thérapeutique : "il y a des malades qui en ont besoin", pour le député LREM Olivier Véran
Le député LREM Olivier Véran le 18 septembre 2018 à Paris.
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Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 09 octobre 2019 à 16h28

Ce député LREM va défendre un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Objectif : autoriser une expérimentation de deux ans de l'usage médical du cannabis. 

Il relance le débat sur la légalisation du cannabis à usage thérapeutique.

Le député LREM Olivier Veran a annoncé mercredi 9 octobre sur RTL qu'il défendrait un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) dans ce sens. "Parce qu'il y a des malades qui en ont besoin et parce que la France est l'un des derniers pays de l'Union européenne à ne pas l'avoir autorisé", a justifié ce médecin neurologue. 

"Vous avez des milliers de patients qui sont sans solution pour des douleurs neuropathiques, des douleurs causées par des lésions neurologiques, des douleurs liées à des cancers, certains troubles psychiatriques, ce qu'on appelle aussi la spasticité chez les malades qui ont la sclérose en plaque", a-t-il énuméré. "Les dérivés du cannabis peuvent constituer un apport thérapeutique supplémentaire", a ainsi assuré Olivier Véran au micro de RTL. 



"On n'est pas en train de s'adresser à un ado de 16 ans"

Interrogé sur les effets du cannabis récréatif sur certains "jeunes français", Olivier Véran rétorque : "On n'est pas en train de s'adresser à un ado de 16 ans, (...) qui va fumer et qui va flinguer son système de mémoire et prendre le risque de présenter des troubles psychiques en retour. On parle d'un malade qui a un cancer ou une douleur neuropathique, qui est en impasse thérapeutique, qui ne vit plus, qui ne mange plus, qui ne dort plus, qui ne s'occupe plus de ses enfants, qui n'a plus de qualité de vie. (...) Je ne fais pas le lien entre le thérapeutique et le récréatif. Ce n'est pas parce qu'on autorise la morphine qu'on en distribue au coin des rues". 

"On prévoit une expérimentation qui pourrait concerner environ 3.000 patients en France avec des médecins qui seront formés. Cela ne veut pas dire que ça marchera sur toutes les douleurs, ce n'est pas du paracétamol. Mais dans des situations précises, ça pourrait être d'un apport thérapeutique majeur", a présenté le député de l'Isère, rapporteur général du PLFSS. Cette expérimentation sera "évidemment remboursée", a précisé Olivier Véran. 


Les signaux favorables de Buzyn et Philippe 

Sa proposition devrait aboutir, le gouvernement a en effet envoyé des signaux dans ce sens ces derniers mois. Début avril, le Premier ministre Edouard Philippe avait estimé qu'il serait "absurde" de s'interdire d'étudier les possibilités du cannabis thérapeutique. "Il ne s'agit en aucun cas d'une légalisation de la vente de cannabis", avait précisé Matignon.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait elle-même relancé ce débat sensible en mai 2018, demandant à différentes institutions qui évaluent les médicaments de lui faire remonter "l'état des connaissances sur le sujet" et jugeant qu'il n'y avait "aucune raison d'exclure, sous prétexte que c'est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes".


"L'Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) a émis un avis favorable en vue d'une expérimentation de l'usage médical. L'agence et le ministère des Solidarités et de la Santé se sont engagés à mener les travaux nécessaires à sa mise en place", rappelle Olivier Véran dans un communiqué.
 

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