"Camp d'été décolonial" : "Inacceptable" pour Najat Vallaud-Belkacem

"Camp d'été décolonial" : "Inacceptable" pour Najat Vallaud-Belkacem
Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement le mercredi 27 avril 2016.

, publié le jeudi 28 avril 2016 à 18h47

Le député LR de Paris, Bernard Debré, a interpellé mercredi à l'Assemblée la ministre de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur sur les rencontres - intitulées "cycles de paroles non-blanches" - organisées du 11 au 15 avril à l'Université Paris-VIII. Il l'a également questionnée sur la polémique entourant le "camp d'été décolonial" uniquement "réservé aux personnes subissant, à titre personnel, le racisme d'État".

Pour le député, ce rassemblement est donc de fait "interdit aux Blancs" et traduit une "montée du racisme anti-Blanc et de l'antisémitisme" en France.

Najat Vallaud-Belkacem a condamné des "initiatives inacceptables". Selon la ministre, ce groupe est "totalement indépendant des organisations reconnues" et "n'a jamais été autorisé à organiser ces réunions". "Sur le plan des principes, que les choses soient claires, je condamne absolument la tenue de ces réunions comme celle de ce camp d'été". Ces "initiatives inacceptables (...) confortent une vision racisée et raciste de la société qui n'est pas la notre. Au bout de ce chemin-là, il n'y a que le repli sur soi, la division communautaire et le chacun chez soi", a-t-elle poursuivi.



"FORMATION A L'ANTI-RACISME POLITIQUE"

Controversé, le "camp d'été décolonial" doit se tenir près de Reims (Marne) du 25 au 28 août. Il a été lancé à l'initiative de deux femmes, proches du mouvement politique anti-colonialiste et "antisioniste" du "Parti des Indigènes de la République". Au programme : des ateliers d'écriture pour "décoloniser l'imagination", des formations pour "construire une lutte anticapitaliste décoloniale à l'échelle de l'UE" ou pour "lutter contre la négrophobie des personnes racisées non noires".

Un éventuel refus d'accueillir des personnes blanches n'a cependant jamais été explicitement revendiqué par le camp d'été. Sur son compte Twitter, il se décrit comme une "formation politique militante, radicale et décolonial en contexte français" et précise dans ses tweets qu'il est "organisé en auto financement". "Donc vos menaces de faire couper les subventions envoyez les à SOS Racisme. "Personne ne dit que les Blancs ne peuvent pas partager le combat antiraciste. Au contraire", a également répondu l'une des organisatrices, Sihame Assbague, sur le site d'"Atlantico". "Mais comme pour tous les autres oppressions, il appartient aux concernés de s'organiser et de lutter pour leur émancipation". Et d'ajouter : "Vous savez, plus l'État et nos adversaire se radicalisent, plus on se radicalise".


"A l'approche de la campagne présidentielle, il semblait important que nous les concerné(es) par le racisme d'État, soyons préparés à être les sujets principaux des discours politiques", explique la formation sur son site internet. "Ce camp d'été n'est pas réservé aux militant(es). Au contraire, il a pour objectif de confronter les plus jeunes aux questions qui les touchent et de faire se rencontrer et travailler ensemble des groupes qui n'en ont pas l'habitude. Le camp s'inscrit dans la tradition des luttes d'émancipations décoloniales anti-capitalistes et d'éducation populaire".

Dans une tribune, le directeur adjoint de la rédaction de "Marianne", Jack Dion, a condamné un rassemblement "avec un panneau virtuel où il est écrit : 'Interdit aux Blancs', comme il était inscrit 'Interdit aux Noirs' dans les établissements publics de l'Amérique ségrégationniste". Selon le responsable de l'hebdomadaire, cela révèle "comment la lutte des classes se fait peu à peu remplacer par la lutte des races dans les esprits d'une partie des militants d'extrême-gauche".


La tenue de ce camp d'été a également été vivement critiquée par le maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, et le député du Rassemblement Bleu Marine, Gilbert Collard.


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