"Calme", "pas particulièrement pieux", "dépressif" : qui était l'assaillant de Rambouillet ?

"Calme", "pas particulièrement pieux", "dépressif" : qui était l'assaillant de Rambouillet ?
Rambouillet, le 23 avril 2021.

publié le samedi 24 avril 2021 à 14h17

Au lendemain de l'attaque de Rambouillet, les proches de l'assaillant tunisien qui a égorgé une policière se sont confiés dans les médias. 

Vendredi 23 avril, Jamel G., un Tunisien de 36 ans, a tué de deux coups de couteau la fonctionnaire de police - non armée - Stéphanie M., 49 ans, dans l'entrée du commissariat de Rambouillet (Yvelines), avant d'être abattu par un policier. Une attaque assimilée au "terrorisme islamiste". 




Les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s'emploient désormais à préciser le parcours de cet homme inconnu de la police et du renseignement. Après avoir obtenu un diplôme de technicien en mécanique, Jamel G.

était parti en France en 2009. Régularisé récemment, il travaillait comme chauffeur dans la région parisienne. 

"C'était quelqu'un de calme, pas particulièrement pieux", a indiqué à l'AFP un cousin, Noureddine, qui reconnaît ne pas l'avoir pas vu depuis longtemps.  RTL de son côté a pu joindre Rached, un ami tunisien. "On était dans le même lycée, dans la même classe. Après, il est parti en France et quand je suis parti en France en 2011 je l'ai vu. On est sorti ensemble, on a bu ensemble, il était normal. Jamais il n'a parlé de religion, de l'Islam", a-t-il confié. 

L'homme aurait effectué un "repérage", accréditant la préméditation, avant d'attaquer la victime, selon le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Des témoins ont par ailleurs rapporté qu'il aurait crié "Allah Akbar", selon une source proche de l'enquête. Son téléphone contenait par alleurs "des nasheeds", des chants religieux musulmans, désormais fréquemment utilisés pour la propagande jihadiste, a précisé une source proche du dossier. 

En dépression

L'homme a grandi dans une famille de classe moyenne à la périphérie de M'saken, ville dans l'arrière pays de la station balnéaire de Sousse (centre-est). C'est aussi la ville natale de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, auteur de l'attaque au camion perpétrée le 14 juillet 2016 à Nice (86 morts).

Jamel G., qui a une soeur aînée et deux frères dont un jumeau selon ses proches, était revenu en Tunisie il y environ un mois, pour la première fois depuis son départ en 2009. "Il est resté auprès de sa famille deux semaines", a indiqué à l'AFP une cousine trentenaire, Sameh, ajoutant que Jamel était suivi par un psychiatre en France car il souffrait d'une dépression.

"Il comptait rentrer définitivement au bled, c'était prévu qu'il arrive aujourd'hui" samedi, a-t-elle expliqué. "Nous sommes toujours sous le choc, nous n'arrivons pas à réaliser ce qui c'est passé!".

Lors de son retour en Tunisie, Jamel G. a recroisé Rached. "Le 1er mars, je l'ai vu en Tunisie, il a changé complètement. Physiquement il a maigri, il a une barbe. Il ne parlait pas trop, il n'était pas normal", a-t-il expliqué à RTL. "J'ai appris la nouvelle, c'était la surprise totale. J'essaie de comprendre pourquoi il est devenu comme ça. Une attaque au couteau, les gens qui font ça, ce sont des actes barbares", a-t-il estimé. 

Scandalisée par le meurtre de la policière française, la cousine Sameh peine à s'expliquer les faits, mais estime que Jamel ne peut être qu'une "victime": "il a été une proie facile, des gens ont profité de sa fragilité pour le radicaliser". Quand il était revenu, "il n'était pas bien, il était tout le temps pensif, mangeait peu et parlait peu. Il faisait la prière mais sans plus", s'est-elle souvenue.

Balayant du bras la maison et le terrain alentour, elle assure que "sa famille est aisée".  Le père Salem, 70 ans, retraité, a été ouvrier de construction à Nice, dans le sud de la France, et continue à faire les allers et retours entre la Tunisie et la France, selon le cousin Noureddine. Il est actuellement entendu par la police française, en garde à vue.


 

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