Calais, ces images que le gouvernement veut à tout prix éviter

Calais, ces images que le gouvernement veut à tout prix éviter ©Capture LeHuffPost

, publié le lundi 24 octobre 2016 à 06h41

L'évacuation de la "Jungle" débute ce lundi à Calais. En mars, le démantèlement de la zone sud du bidonville avait donné lieu à des affrontements avec la police.
Le plus grand bidonville de France vit ses dernières heures avant le début de son évacuation ce lundi 24 octobre à 8h, dont la préparation remonte à plusieurs semaines et dont la date précise a été annoncée -chose rare- plusieurs jours avant.
Car pour éviter de voir se répéter un scénario similaire à l'évacuation de la zone sud du camp en mars, durant laquelle des affrontements avec la police avaient été constatés, il a fallu rassurer les migrants en organisant des tournées d'information afin de les convaincre de partir sans heurts.


Dimanche, les représentants de plusieurs services de l'Etat et d'associations ont distribué des flyers expliquant comment se rendre au hangar d'où partiront les premiers bus à destination des centres d'accueil et d'orientation (CAO) en France, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d'article.
Les migrants recevaient également une bande dessinée détaillant leur parcours après l'arrivée en CAO.

"On leur confirme qu'il faut se tenir prêt pour demain", a indiqué Serge Szarzyncki, directeur de la cohésion sociale, en se heurtant au scepticisme de certains, comme Karhazi, un Afghan: "On le sait tout ça. Il faudra nous forcer pour partir. Nous, on veut aller en Grande-Bretagne. Pourquoi n'y a t-il rien de prévu pour les adultes?".
D'autres maraudes étaient organisées dans la "Jungle" elle-même par les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). "On leur explique qu'il faut qu'ils quittent Calais comme des milliers d'autres l'ont fait avant eux, et qui à 70% ont obtenu l'asile", a expliqué Pascal Brice, directeur général de l'Ofpra.
Mohamad, un autre Afghan parti en ville, est déjà convaincu: "Je veux demander l'asile, c'est pour ça que je suis venu à Calais. À Paris il faut dormir sous les ponts. Ici, il y a des associations et ça va vite pour la demande".
Si certaines associations prédisent des violences lundi, la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio a rencontré les chefs de communauté du camp dans l'après-midi pour tenter d'assurer une évacuation dans le calme. "Certains se sont inquiétés et ont demandé un dispositif" de sécurité pendant la nuit, a-t-elle déclaré devant la presse, sans préciser la nature des craintes exprimées.

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