Cafés, bars et restaurants : pas de réouverture avant au moins fin mai

Cafés, bars et restaurants : pas de réouverture avant au moins fin mai
Un restaurant fermé à Paris, le 15 avril 2020.

publié le vendredi 24 avril 2020 à 17h56

Il faudra attendre la fin du mois de mai pour connaître la date à laquelle ces établissements pourront ouvrir de nouveau. 

Emmanuel Macron l'a annoncé ce vendredi 24 avril : il n'y aura pas de réouverture des cafés, bars et restaurants avant au moins fin mai. "Ce virus n'aime pas l'art de vivre à la française (...) parce qu'il se propage essentiellement par contact humain", a estimé le chef de l'Etat au début d'une réunion téléphonique avec les professionnels de l'hôtellerie-restauration consacrée aux difficultés du secteur. 

Cafés, bars et restaurants devront attendre la fin du mois de mai pour connaître la date à laquelle ils pourront ouvrir de nouveau. Il y aura une "décision finale vers la fin du mois de mai pour avoir une date de réouverture des cafés, restaurants et bars", a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'issue de cette réunion.

Le ministre a mis en garde contre toute "précipitation" qui ferait courir le risque d'une deuxième vague épidémique.



Le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour aider ces établissements à rester à flot malgré des trésoreries très mal en point. L'accès au Fonds de solidarité sera élargi, à compter du 1er juin, aux entreprises employant jusqu'à 20 salariés et réalisant jusqu'à 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre 10 salariés et 1 million de chiffre d'affaires pour l'ensemble des TPE. En outre, le montant de l'aide sera doublé à 10.000 euros au maximum pour les entreprises, fermées depuis le 15 mars, d'un secteur qui emploie un million de salariés dans 18.600 hôtels, 168.000 restaurants, 38.800 bars ou cafés et 6.000 établissements de nuit.

"Nous avons été entendus en ce qui concerne les aides", a estimé Roland Héguy, président de l'Umih, principale organisation patronale de l'hôtellerie-restauration, qui approuve la prudence du gouvernement quant au redémarrage de l'activité. "Mieux vaut perdre 10 ou 15 jours et rouvrir dans les meilleures conditions", a-t-il assuré. "Il y a des pays d'Asie qui ont déjà ouvert, et commencent à faire marche arrière. Imaginons qu'on ouvre nos établissements trop tôt et qu'on les referme trois semaines après, ce serait terrible !", a-t-il poursuivi. "Ce qui sera le symbole de la fin de ce cauchemar, ce sera de revoir les Français en terrasse, dans nos restaurants et nos hôtels, retrouver la vraie vie", a-t-il dit. De son côté, le chef Alain Ducasse s'est dit sur BFM "très satisfait du temps donné et des précautions prises".

Pour Didier Chenet, à la tête du GNI (indépendants), les 15 jours à venir seront décisifs "pour sortir de l'impasse les entreprises saines qui sont en rupture de trésorerie". En revanche, "20 à 25% d'entreprises malheureusement ne rouvriront pas", a-t-il estimé sur BFM. "Certaines étaient déjà en mauvaise situation", et "pour d'autres, quand bien même vous êtes aidé (il sera) irréalisable, inconcevable de rouvrir en faisant 50% du chiffre d'affaires". Pour le chef Philippe Etchebest, l'enjeu est d'ailleurs de "maintenir en survie tous les établissements". "Avant de penser à la réouverture, pensons à sauver les entreprises qui sont sous perfusion, c'est la priorité", selon lui.

Le gouvernement a également renouvelé son soutien au secteur de l'hôtellerie. Car si les établissements n'ont pas été contraints de fermer, nombre d'entre eux l'ont fait, faute de clients depuis le confinement. Face à ces difficultés, "la mobilisation du gouvernement, du Premier ministre, du président de la République est totale", et le sera jusque "dans les mois qui vont suivre" la réouverture, a assuré Bruno Le Maire, évoquant une situation "très dure financièrement" et un "choc psychologique" pour ces professionnels. 

Ces derniers préparent activement leur reprise d'activité : ils ont soumis au gouvernement "un guide de bonnes pratiques déjà très abouti", présenté par le PDG du groupe hôtelier Accor, Sébastien Bazin, qui sera étudié avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Parmi les dispositions de ce plan : "un espacement des tables d'un mètre, des réservations limitées à huit personnes, l'obligation pour les personnels de salle de se laver les mains toutes les 30 minutes", a-t-il détaillé. "Il faudra lui donner une force juridique pour que tous les restaurateurs puissent s'engager là-dessus", a détaillé Bruno Le Maire.

Le ministre de l'Economie a en outre confirmé l'annulation par les "grands bailleurs" des "loyers sur les trois derniers mois pour les très petites entreprises qui ont été obligées de fermer". Enfin, un fonds d'investissement doit voir le jour pour aider la relance de l'activité du secteur, avec la contribution des assureurs et des banques, qui seront conviés "très prochainement" à une réunion. Le tourisme génère 170 milliards d'euros de recettes annuelles, ce qui représente 7% du PIB français, et emploie 4 millions de personnes - emplois directs et indirects cumulés.
 

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