Burkini, les ventes explosent depuis la polémique

Burkini, les ventes explosent depuis la polémique ©Reuters

, publié le jeudi 18 août 2016 à 21h20

Des maires ont décidé de bannir le burkini de certaines plages françaises. Mais face à la polémique, le succès de ce vêtement de bain ne faiblit pas.

Au contraire.

Aheda Zanetti ne s'attendait pas à ce que sa création suscite autant de réactions. En 2004, cette Australienne d'origine libanaise a imaginé un maillot de bain couvrant pour les femmes musulmanes : le burkini. Interrogée par Europe 1, elle a évoqué les chiffres des ventes. Depuis plusieurs semaines, une augmentation de 35 à 40% a été constatée en France. Il semblerait donc que les récentes polémiques visant à bannir le burkini de certaines plages françaises (Cannes, Le Touquet, etc.) n'aient pas de conséquence économique sur ce vêtement de bain. « Le burkini ne discrimine personne. La dernière chose à faire, c'est d'interdire quelque chose et donc de créer de la haine », confie Aheda Zanetti à la radio. Concernant cette controverse française, elle ne comprend pas l'ampleur des débats. Pour elle, « c'est juste un maillot de bain ! Cela ne fait de mal à personne ».

Elle rapporte que le succès du burkini a été immédiat : « Dès que le site a été ouvert, dans la semaine qui a suivi, j'ai eu ma première commande en provenance d'Angleterre puis des États-Unis. Depuis, le succès ne s'est jamais démenti ». C'est en regardant sa nièce jouer à un jeu de ballon il y a une dizaine d'années qu'elle s'est dit qu'il n'existait pas de tenue de sport adaptée pour celles qui désiraient porter le voile. L'idée du burkini était née.

Contrairement aux idées reçues, la créatrice souligne que 30% des femmes qui achètent un burkini ne sont pas musulmanes. « Cela peut-être des femmes juives, des mormones, des chrétiennes, des hindoues... ou même des femmes qui veulent protéger leur corps du soleil ». Mercredi 17 août, Manuel Valls a soutenu les quelques maires qui ont décidé d'interdire le burkini de leurs plages. Cependant, le Premier ministre a exclu l'éventualité d'une législation nationale.

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