Bure: les manifestations d'opposants interdites par arrêté préfectoral

Bure: les manifestations d'opposants interdites par arrêté préfectoral

Evacuation du bois Lejuc (Meuse) par les gendarmes, le 22 février 2018

AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 11h41

Les manifestations organisées ce week-end par les opposants au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure ont été interdites par la préfecture de la Meuse.

La préfète Muriel Nguyen a considéré que les manifestations prévues dans les communes limitrophes du bois Lejuc, épicentre de la contestation, étaient "susceptibles d'entraîner des troubles graves à l'ordre public", selon l'arrêté publié jeudi soir.

"On est scandalisé. C'est un arrêté liberticide", a dit vendredi à l'AFP Juliette Geoffroy, porte-parole du Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), qui affirme que "le week-end est maintenu".

"Plus de 700 opposants sont attendus", s'est inquiétée la préfète dans l'arrêté, dont "un nombre important au profil extrêmement inquiétant", a-t-elle précisé à l'AFP. "Cette manifestation n'a pas été déclarée (...) et le parcours autorisé proposé par l'Etat a été rejeté", a regretté Mme Nguyen.

"Il existe un fort risque d'affrontements avec les forces de l'ordre stationnées aux abords du bois", étant donné "le caractère jusqu'au-boutiste de certains des opposants" et "le mot d'ordre visant à réinvestir" la zone, a-t-elle estimé.

Par conséquent, "toute manifestation est interdite" de vendredi à lundi dans les communes voisines du bois Lejuc, précise l'arrêté.

"Un dispositif évolutif, suffisant pour contenir un risque avéré de débordement et de violence" est prévu, selon Mme Nguyen qui n'a pas détaillé le nombre de gendarmes mobilisés.

Mercredi, les opposants au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires avaient annoncé qu'ils maintenaient un rassemblement, prévu de longue date, les 3 et 4 mars, à l'occasion d'"une rencontre inter-comités de soutien et de lutte", malgré l'évacuation du bois une semaine plus tôt.

"S'il y a une tentative physique de réinfiltration du bois et de réoccupation par la construction d'un bâtiment, il y aura une réponse. Mais le dispositif ne viendra pas gêner un rassemblement pacifiste", a expliqué la préfète.

"Ils agitent le spectre de l'opposant violent. Ce qu'ils veulent, c'est empêcher une rencontre avec un dispositif inouï", a réagi Mme Geoffroy.

La "construction d'une vigie aux abords de la forêt" est programmée samedi après-midi. "Cet objectif est maintenu. Nous construirons, sur un terrain privé qu'on nous prête pour l'occasion. On ne nous empêchera pas de le faire", poursuit-elle.

Selon le programme du rassemblement samedi, un "départ collectif vers la forêt" est également prévu.

Les matinées du week-end seront consacrées à des tables rondes et des rencontres entre opposants à Mandres-en-Barrois, commune voisine du bois.

"Il y a une hypocrisie totale, car ils demandent plus de consultation et on nous empêche de nous réunir pour discuter", a réagi Sylvain, un autre opposant.

Le 22 février, l'évacuation d'une quinzaine d'occupants du bois Lejuc dès l'aube avait mobilisé 500 gendarmes. Des bulldozers avaient détruit les bivouacs et barricades érigées par les opposants depuis leur installation dans ce bois en août 2016. 

Les associations d'opposants, qui devaient rencontrer le secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, en déplacement dans la Meuse au moment de l'évacuation, avaient alors boycotté la réunion. 

Le site, vaste de 221 hectares, a été retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo, qui vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

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28 commentaires - Bure: les manifestations d'opposants interdites par arrêté préfectoral
  • Il y a des moments où la désobéissance civile devient un devoir. La liberté est bafouée le monde est rermpli d'hommes forts Xiping, Poutine, Erdogan, Macron (liste non limitative)

  • ...et le 22 mars ? la grande manif'anti-macron ?

  • VIVE la Dictature à la Française! Nous n'avons plus le droit de manifester, plus le droit de s'exprimer comme l'on veux, plus le droit d'aborder les sujets comme les arabes, les homos, les handicapés les religions, les femmes etc.. etc... On va finir par battre Poutine Nouveau DICTATEUR, e cite MACRON le représentant de l'ordre des riches

    quelle dictature ? envers des individus violents, qui ne pensent qu''à se mesurer aux forces de l'ordre et semer le désordre. En ce qui concerne vos autres sujets de discussions vous avez tout à fait raison, mais pour une fois ce ne sont pas nos élus, mais toutes ces associations qui pour un oui ou un non, portent plainte tantôt pour homophobie, racisme, anti sémitisme etc....etc......

  • un peu de fermeté ne nuira pas vis a vis de ces énergumènes qui ne font pas avancer les choses, on devrait les employer a creuser a mains nues les futures tunnels d'enfouissement!

    Comme dans les camps de travail obligatoire , et lvous pouvez aussi proposer les camps de concentration pour les syndicalistes, les communistes, bref tout ceux qui acceptent tête baissée ;

  • manifestation non déclarée...
    malgré cela, proposition de parcours refusé ...
    présence de personnes connues ultra violentes ...

    manifestation refusée !

    mais manifesteront quand même jusqu'à l'affrontement avec les forces de l'ordre !!! malgré l'interdiction ...

    et c'est eux qui parlent de liberté d'expression, donc de démocratie, alors qu'ils s'assoient sur la démocratie par leur comportement !!!!

    Cette interdiction est totalement illégale non seulement au niveau de la déclaration des droits de l'homme qui reconnait le doit de manifester mais aussi au terme de l'article 431-1 du code pénal qui punit d'un an de prison et/ou 15 000 Euros d'amende tout individu (et les représentants de l'état ne sont exemptés de respecter la loi) qui de façon concertée et préméditée entravera la libre expression, les réunions et les manifestations. Ces sanctions sont aggravées à hauteur de 3 an de prison et/ou 45 000 Euros d'amende en cas de violences (par exemple action des forces de l'ordre). Il s'agit donc là d'un abus d'autorité digne effectivement de régime autoritaire ou dictatoriaux.