Budget de Météo France : le Sénat lance un avis de tempête

Budget de Météo France : le Sénat lance un avis de tempête
Le tout nouveau supercalculateur de Météo France installé à Toulouse.

publié le jeudi 23 septembre 2021 à 12h16

Alors que le réchauffement climatique est à l'origine de nombreuses catastrophes climatiques, le Sénat alerte dans un rapport sur la baisse des crédits et des effectifs accordés à l'organisme public, pourtant en charge de missions essentielles pour la sécurité des personnes. 

Sombres prévisions du Sénat. Le Parisien a pu consulter le rapport de la commission sénatoriale chargée d'évaluer le budget de Météo France.

Tandis que l'organisme public doit prévoir de plus en plus précisément des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, la chambre parlementaire alerte sur la baisse de son budget ces dernières années.




"La baisse de la subvention de l'État est d'environ 20 % en l'espace de dix ans. C'est considérable alors qu'on lui demande dans le même temps des prévisions de plus en plus fines, parfois à 500 m près", dénonce dans les colonnes du Parisien le sénateur de Seine-Saint-Denis Vincent Capo-Canellas, rapporteur du rapport présenté mercredi 22 septembre au Sénat. Les effectifs seraient ainsi passés de 3345 prévisionnistes en 2012 à 2736 en 2020.

"Il faut des cerveaux humains derrière les supercalculateurs" 

Comment prévoir des catastrophes naturelles qui pourraient se multiplier ces prochaines années en sous-effectif, s'interroge Vincent Capo-Canellas. "Il faut des cerveaux humains derrière les supercalculateurs pour analyser des modèles de prévision parfois différents et rien ne vaut l'expérience d'un météorologue local qui connaît le terrain".  

En juin dernier, Météo France annonçait la mise en service de deux supercalculateurs Belenos et Tanaris, conçus notamment pour faire gagner à la France quelques places dans le "top 10" international des grands de la météo et du climat (dominés par les Etats-Unis et la Grand-Bretagne). Avec 55 millions d'euros pour un montant total du projet de 144 millions sur cinq ans, l'une des machines est dédiée à la prévision, l'autre à la recherche. En plus de manquer de prévisionnistes, Météo France manquerait aussi de moyens financiers. "La course à la puissance de calcul est telle qu'il faut déjà se projeter dans leur prochain renouvellement, à horizon 2025", souligne le sénateur dans son rapport.



Ainsi, pour que Météo France rester compétitif, Vincent Capo-Canellas demande des crédits supplémentaires pour l'organisme public qui est l'un des trois seuls services européens à couvrir la planète entière, rappelle Le Parisien

Sécurité des personnes et des biens, soutien aux forces armées, contribution aux travaux du Giec... Météo France remplit de nombreuses missions. Le rapport du Sénat, cité par le quotidien francilien, appelle à davantage de moyens financiers pour faire face notamment à "la récurrence d'épisodes météorologiques dangereux tels que les pluies cévenoles ou encore les enjeux spécifiques à l'outre-mer, notamment le risque cyclonique". 

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