Brive : l'expérience surprise de la direction d'un hôpital sur son personnel ne passe pas

Brive : l'expérience surprise de la direction d'un hôpital sur son personnel ne passe pas©Panoramic (photo d'illustration)

publié le samedi 04 décembre 2021 à 17h00

Alors que la pression hospitalière se durcit, certains établissements expérimentent de nouvelles méthodes. Illustration à Brive, en Corrèze, avec un hôpital qui a mis à l'épreuve son personnel, sans l'en informer.

La cinquième vague est bel et bien présente en France. En plus du variant Delta, Omicron inquiète beaucoup les autorités. Et globalement, la pression est forte sur le personnel hospitalier, confronté à toutes ses autres missions en plus du Covid-19. L'hôpital de Brive a pris une mesure étonnante et qui suscite la controverse : le personnel soignant a été "testé" par surprise sur sa prise en charge des patients et cela n'a pas vraiment fait l'unanimité, rapporte France Bleu, samedi 4 décembre. Deux comédiens ont vagabondé dans six services.  Seuls les médecins chefs de service étaient au courant.



"Regrettable, lamentable, minable"

Ces comédiens ont finalement créé un début de psychose. "Un des deux artistes devait tenir le rôle d'un homme perdu. Le patient ne jouait pas une personne égarée, mais manifestait des troubles psychologiques sérieux pour ne pas dire sévères. Un infirmier a dû venir au secours de la secrétaire. Un médecin a dû abréger sa consultation pour venir en aide à l'infirmier. C'est une perte de temps. C'est regrettable, lamentable, minable d'agir ainsi", dénonce Jean-Pierre Salès, secrétaire de la section hôpital de Brive CFDT.
 
Ce dernier de poursuivre son propos. "Faire ce genre d'enquête, cachée, avec des comédiens, c'est très mal venu. C'est écœurant comme pratique. Que l'on fasse des enquêtes utiles à tous, pourquoi pas, mais d'une manière ouverte et officielle. On prévient." Avec un personnel déjà sous pression, en pleine guerre contre la cinquième vague, l'idée a été mal perçue, explique France Bleu. La direction de l'hôpital se défend de tous méfaits et évoque une réussite, l'expérimentation s'est, selon elle, bien passée. "La majorité des soignants est écœurée. C'est un manque de confiance. La rupture est là. Il faut faire attention", poursuit Jean-Pierre Salès. Une potentielle nouvelle expérience est attendue début 2022. 

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