Bretagne : des indépendantistes en guerre contre les résidences secondaires

Bretagne : des indépendantistes en guerre contre les résidences secondaires
Vue aérienne entre la Trinité-sur-Mer et Carnac (Morbihan) prise en 2006.

publié le lundi 25 juin 2018 à 17h00

"Bretagne résidence secondaire : villages en ruines, jeunesse en exil". Le collectif indépendantiste breton, Dispac'h (révolte en breton), a lancé une campagne d'affichage pour dénoncer "la spéculation immobilière liée au développement des résidences secondaires" sur le littoral breton.

"La Bretagne n'est pas à vendre", écrivent-ils sur ces affiches collées sur les portails ou les volets clos de dizaines de "maisons inoccupées la majeure partie de l'année".

La première vague de collages a eu lieu les 17 et 18 mars à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) sur le projet d'un hôtel 5 étoiles privé en bordure de mer", précise le collectif à 20 minutes.

"Des villages dépendants du tourisme"

Depuis, d'autres campagnes ont été lancées à Carantec (Finistère), "où les résidences secondaires représentent presque 40% des habitations" ou encore dans le pays de Guérande en Loire-Atlantique "où la spéculation empêche les jeunes paludiers de s'installer dans de bonnes conditions", explique Dispac'h. Des affiches ont également été collées à Quiberon (Morbihan), où certains saisonniers avaient récemment manifesté leur colère, ne trouvant pas de logement dans la commune.



"Des villages sont vidés de leur vie plus de la moitié de l'année", dénoncent les membres du collectif, expliquant "voir fuir les services publics et disparaître les dynamiques et initiatives locales". "La situation est ubuesque car le tout tourisme sur le littoral breton crée des emplois saisonniers précaires mais on n'arrive pas à loger les jeunes et travailleurs à faibles revenus qui viennent en saison faute de logement à prix abordable", dénoncé le porte-parole du collectif, Ewan Thébaud, à 20 Minutes.

"On prépare des actions plus spectaculaires pour cet été"

"Ce qu'on veut, c'est interpeller les élus locaux sur le fait qu'il n'y a pas d'outil pour réguler cette inflation des résidences secondaires", ajoute-t-il, pointant certaines communes où la proportion de résidences secondaires atteint "80%, comme à Mesquer", au nord de Guérande en Loire-Atlantique. "On prépare des actions plus spectaculaires pour cet été", ajoute-t-il au Figaro.



Le collectif parle d'une économie touristique "destructrice de l'environnement" et "non-durable", "nécessitant la construction d'équipements toujours plus importants qui participent au bétonnage des côtes". Selon le baromètre 2017 des Notaires de l'Ouest, plus de 80% des appartements neufs vendus sur le littoral de l'ouest de la France sont des résidences secondaires.



Le maire de Carnac, Olivier Lepick, a expliqué au Figaro "ne pas aimer le procédé", qui lui rappelle "la Saint-Barthélémy", mais trouve le débat "légitime". "Les locaux sont très contents de vendre leur maison très cher aux Parisiens mais se plaignent ensuite de ne pas pouvoir se loger !", explique-t-il. "On est tous d'accord pour faire baisser ce ratio, mais il faut admettre que les résidents secondaires contribuent largement au bien-être économique de la commune (...) Vouloir les faire partir ou les surtaxer, c'est se tirer une balle dans le genou".

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