Bourses étudiantes : l'État en guerre contre les fausses inscriptions à la fac

Bourses étudiantes : l'État en guerre contre les fausses inscriptions à la fac
Des étudiants passent le baccalauréat, le 16 juin 2011, au lycée Camille Sée à Paris (illustration).

Orange avec AFP, publié le jeudi 30 juin 2016 à 12h40

- On appelle cela le phénomène des "copies blanches". Le terme désigne les inscriptions factices à l'université, qui ne servent qu'à bénéficier d'une bourse.

Comment y remédier ? Un sénateur propose de renforcer les contrôles d'assiduité. -

Le phénomène de la "copie blanche" n'est pas généralisé, mais il inquiète les autorités. Il concerne les étudiants inscrits à l'université, bénéficiant d'une bourse, et qui se contentent de rendre une copie blanche en guise de preuve de présence aux examens. Philippe Adnot, rapporteur spécial de la mission sénatoriale "Recherche et enseignement supérieur" s'est penché sur la question. Il a présenté mercredi 29 juin à la commission des finances du Sénat les conclusions de son rapport intitulé "le scandale des copies blanches".

RENFORCER LE CONTRÔLE DE L'ASSIDUITÉ

Selon le ministère de l'Enseignement, un tiers des étudiants sont boursiers. Parmi eux, 3% ne respecte pas le critère d'assiduité, une des conditions d'octroi de cette aide financière. Au total, les bourses, octroyées sur des critères sociaux, représentant une dépense de plus de 2 milliards d'euros par an pour l'État.



En première ligne du rapport, figure le contrôle de l'assiduité des élèves, actuellement déficient selon le rapporteur. Il propose de faire de la présence des étudiants en "TD" (travaux dirigés, en petit groupe), et à tous les examens, un critère obligatoire pour continuer à bénéficier de la bourse. Il suggère également de coupler cette obligation à celle de résultat.

SUSPENDRE LES BOURSES

Pour "mettre un terme aux abus prolongés", le sénateur propose aussi d'"interdire l'attribution d'une nouvelle bourse à l'étudiant non assidu qui ferait l'objet d'un ordre de reversement et n'aurait pas remboursé les sommes indûment versées". Il suggère également de raccourcir les délais pour "suspendre au plus vite les bourses d'étudiants non assidus", en rendant effectif le contrôle de l'inscription pédagogique des boursiers dans les trois premiers mois de l'année universitaire. L'étudiant concerné ne pourrait pas non plus demander une nouvelle aide pour la même formation. Les fraudeurs seront prévenus.

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