Bordeaux : prison avec sursis pour une employée de centre de vaccination accusée d'avoir produit des faux pass sanitaires

Bordeaux : prison avec sursis pour une employée de centre de vaccination accusée d'avoir produit des faux pass sanitaires
(illustration)

publié le mercredi 22 septembre 2021 à 21h55

Elle assure qu'elle n'a pas été rémunérée pour fournir 24 faux pass sanitaires à 16 bénéficiaires.

Elle voulait juste "dépanner" sa famille et ses amis. Une jeune femme employée du plus grand centre de vaccination de Bordeaux a été condamnée mercredi 22 septembre à 18 mois de prison avec sursis pour avoir édité une vingtaine de faux pass sanitaires, a-t-on appris auprès du parquet.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux qui la jugeait pour "escroqueries par personne chargée d'une mission de service public et modifications de données résultant d'un accès ou maintien frauduleux dans un système automatique de traitement des données", l'a également condamnée à une inéligibilité de 2 ans et à 5 ans d'interdiction d'exercer un emploi public.

La jeune femme avait été interpellée lundi après une enquête de la police judiciaire, initiée par le signalement effectué par un médecin pompier.

Lors de ses auditions, Samia G., née en 2000, a déclaré avoir voulu "dépanner son entourage" et ne pas avoir été rémunérée, selon le parquet. Elle a reconnu avoir établi 24 faux pass sanitaires pour 16 bénéficiaires, "des membres de sa famille et famille de ses amis".


Elle a également reconnu avoir fourni à 4 personnes cinq faux pass sanitaires générés par un autre agent contractuel dont elle n'a pas révélé l'identité. L'exploitation de son téléphone a permis de retrouver des cartes vitales et cartes d'identité. L'enquête confiée à la PJ de Bordeaux se poursuit concernant les bénéficiaires des faux documents, mais aussi pour vérifier l'existence d'éventuelles autres fraudes.

"J'ai fait n'importe quoi", a admis la jeune femme, un peu déboussolée, à la barre, en réfutant avoir agi pour de l'argent. "Je ne crois pas que cela a été fait sans contrepartie financière", a estimé au contraire le procureur de la République en requérant à son encontre une sanction d'"une particulière sévérité" - 18 mois d'emprisonnement dont 12 avec sursis avec placement sous mandat de dépôt ainsi que 3.000 euros d'amende. Devant ses juges, Samia G., qui travaille depuis ses 16 ans, a expliqué avoir seulement voulu rendre service à des amis, à sa famille ou à des proches d'amis, des personnes "qui ne voulaient pas se faire vacciner", selon elle. "Je voulais sortir avec eux (ses amis) au ciné, au resto", a-t-elle aussi justifié.

Embauchée le 1er septembre au vaccinodrome de Bordeaux-lac, selon le journal Sud Ouest qui a révélé ces informations, elle n'a pas de casier judiciaire.

C'est un médecin pompier du centre de vaccination qui a donné l'alerte dimanche après avoir notamment remarqué des connexions alors que le centre était vide. Des certificats au nom de personnes non inscrites sur Doctolib avaient aussi été retrouvés dans la poubelle de l'ordinateur, explique le parquet. Deux agentes contractuelles avaient été rapidement soupçonnée, mais la seconde, également placée en garde à vue, a rapidement été mise hors de cause.

Le parquet précise que 5 procédures sont actuellement suivies dans le ressort de Bordeaux pour des faits de ce type, trois confiées à la police judiciaire et 2 à la gendarmerie. L'une d'elle a donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire qui a débouché à ce jour sur deux mises en examen dont une avec placement en détention provisoire, a expliqué le parquet. Deux autres jeunes vacataires au mégacentre de vaccination de Bordeaux-Lac, âgées de 18 et 20 ans, seront jugées en correctionnelle en janvier à Bordeaux après avoir été interpellées en août pour avoir établi et délivré de faux certificats de vaccination, avec un bénéfice global dépassant le millier d'euros.

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