Bordeaux : les organisateurs d'un rassemblement pour la messe convoqués au commissariat

Bordeaux : les organisateurs d'un rassemblement pour la messe convoqués au commissariat
Des manifestantes à Versailles réclament le retour de la messe, dimanche 15 novembre 2020.

, publié le dimanche 15 novembre 2020 à 19h10

Un rassemblement de 300 personnes à Bordeaux réclamant la reprise des messes s'est tenu malgré l'interdiction de la préfecture. Les organisateurs sont convoqués au commissariat.

Mécontents de l'interdiction des offices, les catholiques de France veulent se faire entendre.

Plus de 300 catholiques se sont rassemblés dimanche 15 novembre devant la cathédrale de Bordeaux pour demander la reprise de la messe, certains entonnant des prières, qui ont valu aux organisateurs une convocation au commissariat.


Les fidèles se sont réunis sur le parvis de la cathédrale Saint-André de Bordeaux durant une heure en fin de matinée. Malgré les appels des organisateurs à ne pas prier ou entonner des chants religieux conformément aux demandes de la préfecture de police, plusieurs chants ont retenti ainsi que des "je vous salue Marie". Des dizaines de personnes se sont également agenouillées pour prier. La prière sur la voie publique n'étant pas autorisée, les organisateurs sont convoqués lundi matin au commissariat de police de Bordeaux. 

Jacqueline, 72 ans, était venue dire que l'Eglise lui "manque". "Il me manque un guide", a-t-elle dit à l'AFP. "On bouffe, on sort, on rentre. On ne fait que ça. On est comme des animaux", a-t-elle ajouté.

"Il est normal que nous ayons à cœur de défendre la messe qui est essentielle", a déclaré l'abbé Guillaume Touche. Soutane noire et col blanc, le jeune abbé de 30 ans estime que "le gouvernement ne comprend pas que ça ne suffit pas pour un chrétien d'être chez soi et de prier chez soi". "Les mesures sanitaires sont respectées (...) il y a autant de risque quand on fait ses courses dans un supermarché. On nous infantilise, c'est une grosse erreur", a-t-il ajouté.

Pour Emmanuel, la cinquantaine, qui a apporté son drapeau français, "on ne respecte pas la liberté" en interdisant les messes. "Les fondamentaux de la République c'est aussi le respect des cultes de chacun. On ne demande rien d'autre: le samedi on va faire nos courses et le dimanche on va à la messe".

Plusieurs manifestations sont organisées durant le week-end en France pour la réouverture des messes. Samedi, 250 personnes se sont rassemblées à Rennes. À Paris, la préfecture a interdit le rassemblement prévu dimanche sur la place Saint-Sulpice. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait prévenu vendredi qu'il n'hésiterait pas à "envoyer les policiers et gendarmes verbaliser", en cas "d'acte répété".

Il a par ailleurs indiqué qu'il réunirait "pour la seconde fois les représentants des principaux cultes ce lundi matin", afin d'évoquer "les conditions dans lesquelles pourraient se tenir à nouveau des cérémonies dans les lieux de culte en fonction de l'évolution de la situation sanitaire".
 

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