Boom des cahiers de vacances : les parents appelés à ne pas mettre "trop de pression" sur leurs enfants, éprouvés par le confinement

Boom des cahiers de vacances : les parents appelés à ne pas mettre "trop de pression" sur leurs enfants, éprouvés par le confinement
Des enfants feuillettent des cahiers de vacances.

publié le mercredi 22 juillet 2020 à 11h45

Les congés estivaux doivent également permettre aux enfants de souffler et se reposer, estiment de nombreux professionnels. 

Cette année, les ventes de cahiers de vacances s'envolent. Incontournables de la période estivale, ils sont d'autant plus prisés cet été, après quatre mois d'école en pointillés en raison de la crise sanitaire, les parents cherchant à rattraper le retard pris pendant le confinement. "On voit que le marché est en assez forte hausse puisqu'à fin juin, on enregistre une hausse de 25% par rapport à l'année dernière", a indiqué à l'AFP Rachel Duc, directrice des départements parascolaire et jeunesse aux éditions Hatier. "Il y a une petite crainte de la part des parents sur le fait que leurs enfants n'aient pas révisé l'ensemble des programmes" et "donc le cahier de vacances rassure, de manière à attaquer l'année d'après en toute sérénité", estime-t-elle.


Mais attention à ne pas mettre "trop de pression" aux enfants qui ont besoin de temps pour souffler et se reposer après avoir été éprouvés par le confinement, préconisent de nombreux professionnels.

D'ailleurs, les enseignants ont avant le départ en vacances "très majoritairement donné pour consignes d'en profiter au maximum pour respirer", rappelle Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. "Je comprends que cette année les parents aient fait le choix de maintenir leurs enfants dans les révisions mais attention à ne pas faire encore et encore l'école à la maison. Cela a ses limites", prévient-il. Il suggère ainsi des activités que parents et enfants peuvent faire ensemble, comme la lecture ou les jeux de société. "Il faut éviter trop de pression et toute crispation autour de la tâche scolaire", tranche Stéphane Crochet.

Mais pour beaucoup de parents, le cahier de vacances reste une valeur sûre dans une période incertaine. "Dans ma pratique, je vois que cette année les parents achètent beaucoup plus de cahiers de vacances qu'auparavant, c'est un automatisme par rapport aux inquiétudes qu'ils ont pour leurs enfants à la rentrée", analyse Brigitte Prot, psychopédagogue. Selon elle, "cela apaise leurs inquiétudes car ils ont vraiment la crainte que leurs enfants aient beaucoup de choses à rattraper avant la rentrée". C'est le cas de Delphine, 40 ans et mère d'une fille de 12 ans qui passe en 5e. "Je vais faire attention à ne pas lui en demander trop mais il est hors de question qu'elle n'ouvre pas son cahier de vacances durant l'été. 30 minutes par jour, c'est notre deal", raconte-t-elle à l'AFP.

A l'inverse, pour Catherine Verdier, psychologue et thérapeute pour enfants et adolescents, le cahier de vacances, "c'est non". "Je suis contre car pendant les vacances, les enfants explorent, grandissent autrement ; on peut apprendre de multiples manières plutôt qu'en étant assis à une table avec un crayon", insiste-t-elle. "Nous-mêmes, adultes, nous ne prenons pas de travail car nous avons besoin d'un temps de pause. Pour les enfants ça doit être la même chose", donne-t-elle en exemple. Selon Brigitte Prot, "cette année encore plus, on n'apprend pas dans les cris ou les larmes après la période de confinement qui a été difficile à vivre pour les familles. Il faut un accompagnement juste, et non dramatisant", prône-t-elle.

Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, dit elle aussi "comprendre l'inquiétude des parents mais les enfants ont tous manqué le même temps d'école, ils sont tous logés à la même enseigne". "En un mot, pas de pression", résume-t-elle. Tatia, mère de Milo, 10 ans, qui passe en CM2 à la rentrée, ne comptait pas du tout lui mettre la pression durant les vacances. "Après trois mois de travail intense à faire l'école à la maison, je pensais qu'il avait assez travaillé. Mais il a insisté pour acheter un cahier de vacances. Alors on a dit oui". 

Tous les ans, plus de 4,5 millions d'exemplaires sont vendus en France. 
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.