Biarritz: les anti-G7 sont prêts, la justice aussi

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Vue du palais de justice de Bayonne le 20 août 2019
Vue du palais de justice de Bayonne le 20 août 2019
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© AFP, IROZ GAIZKA

AFP, publié le mardi 20 août 2019 à 18h46

70 avocats, 17 procureurs et plus de 300 places en cellule pour les personnes placées en garde à vue: le dispositif judiciaire est en place sur toute la Côte basque au cas où les manifestations contre le G7 de Biarritz dérapent dans la violence.

Depuis lundi, avocats du barreau de Bayonne et magistrats du parquet sont passés en dispositif "exceptionnel", alors que le contre-sommet a pris ses quartiers, à une vingtaine de kilomètres de Biarritz, près de la frontière espagnole. 

A la Maison de l'avocat de Bayonne, en face du palais de justice, des lits de camp ont même été installés en vue des longues heures de permanence qui seront assurées jusqu'à la fin du sommet international lundi.

"On a prévu ça pour que les gens qui tiennent la permanence téléphonique puissent se reposer", explique Teddy Vermote, bâtonnier de l'Ordre des avocats de Bayonne. 

A Hendaye, le centre de rétention administrative (CRA), vidé de ses pensionnaires en situation irrégulière pour le mois d'août, compte "100 chambres pour les gardes à vue, où on peut monter jusqu'à 3 détenus par cellule", explique le bâtonnier, tandis que les commissariats de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz concentrent, eux, une quinzaine de cellules. 

"Le dispositif a été pensé sur quinze jours, afin que les gens puissent être jugés dans des conditions normales et qu'on ne se retrouve pas avec 20 affaires par audience de comparution immédiate", assure de son côté Samuel Vuelta-Simon, procureur de la République de Bayonne. Quelques modules d'hébergement de chantier ont également été montés sur le parking du palais de justice, pour y faire office de cellules.

"Aujourd'hui ce G7 se déroule entre peur et fantasmes", estime Teddy Vermote, qui confirme aussi que "les avocats sont prêts" et seront "vigilants" quant au "respect des libertés individuelles". 

- "Libertés individuelles" -

"La tentation de l'Etat, c'est de faire du préventif et d'anticiper d'éventuels débordements avec des placements en garde à vue pour retirer certaines personnes de la circulation. Il y a une atteinte aux libertés individuelle qui peut être énorme", pointe le bâtonnier. 

Pour lui, cependant, les cinq interpellations lundi de militants appelant sur les réseaux sociaux à attaquer "un lieu d'hébergement" des gendarmes lors du G7 ne rentrent pas dans ce cadre. "Là, l'infraction est clairement identifiée", dit-il.

"Depuis la loi du 10 avril 2019 (loi visant à renforcer et garantir le maintien de l'ordre public lors des manifestations, aussi connue sous le nom "loi anti-casseurs", NDLR) on a vu un renforcement des pouvoirs du procureur et le renforcement des sanctions contre des manifestants au visage masqué ou contre la détention d'armes de quelconque catégorie", relève par ailleurs l'avocat bayonnais.

"J'adhère à l'expression politique pacifique, répond le procureur. Mais si on viole la loi, il y a une réponse pénale". Au palais de justice, encadré par un périmètre de sécurité exceptionnel, à l'instar du commissariat situé à quelques centaines de mètres, des permanences seront aussi tenues 24h sur 24h et des audiences de comparution immédiate programmées dans les 48 heures après les infractions ou délits constatés, comme le veut la procédure.

"On se concentre surtout sur les violences et les dégradations", précise le magistrat qui tient à rappeler que "le premier garant des libertés, c'est le procureur". "Le procureur défend l'intérêt de la société, nous ne sommes pas placés sous la coupe du pouvoir exécutif. La république, c'est vous et moi, et le préfet", insiste Samuel Vuelta-Simon. 

Pour les avocats, demeure une inconnue, celle des déplacements, qui s'annoncent compliqués entre Bayonne et Hendaye dans les prochains jours. "Du moment qu'on reçoit l'appel de l'officier de police judiciaire pour nous notifier une garde à vue, l'avocat a deux heures pour arriver sur place, sans quoi les auditions peuvent commencer sans lui", explique Teddy Vermote. 

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