Faut-il interdire les manifestations de "gilets jaunes", comme le propose Éric Ciotti (LR) ?

Faut-il interdire les manifestations de "gilets jaunes", comme le propose Éric Ciotti (LR) ?
Le député LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti à l'Assemblée nationale, le 5 février 2019.
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Orange avec AFP-Services, publié le lundi 18 février 2019 à 18h03

Le député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes juge que "le mouvement a été dévoyé par la violence" et "demande qu'on interdise les manifestations" samedi prochain. De l'autre côté de l'échiquier politique, l'écologiste Yannick Jadot estime lui aussi qu'"il faut que ça s'arrête".

"J'ai soutenu le mouvement des gilets jaunes. J'ai soutenu l'expression d'une colère contre une injustice fiscale et une inefficacité économique, a expliqué Éric Ciotti, dimanche sur France Inter. Mais "ce mouvement (...) a été dévoyé par la violence". Pour le monsieur Sécurité de LR, "cette violence, elle est insupportable, inacceptable, et il faut aujourd'hui qu'elle s'arrête. On ne peut plus laisser tolérer ça". Selon Éric Ciotti, "14 samedis de violence, c'est beaucoup, c'est trop. (...) Pour samedi prochain, je demande qu'on interdise les manifestations." 

C'est aussi l'avis de Yannick Jadot, chef de file d'Europe Écologie-Les Verts (EELV). "Ce qu'on a encore constaté ce samedi est terrible. La haine antisémite, la haine du policier. Je crois que ça suffit, il va falloir quand même sérieusement que ces rendez-vous les samedis, qui sont maintenant des rendez-vous de la violence (...) Il faut que ça s'arrête", a jugé le député européen sur RMC et BFMTV lundi. "Moi j'aimerais que les gilets jaunes dont le combat de départ est un combat juste, contre la vie chère, contre la fracture territoriale (...) sociale, trouve d'autres formes de manifestation, parce que là ça n'est plus possible. (...) Moi je pense que ça suffit", a-t-il insisté.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn est pour l'interdiction des manifestations

Mais le numéro un des députés La République en marche (LREM) Gilles Le Gendre s'oppose à une telle interdiction. Interrogé lundi sur Radio classique, il a répondu : "Non, le droit à manifester est un droit constitutionnel, nous ne pouvons pas". "Ciotti a tort dans l'esprit d'une interdiction générale des manifestations en ce moment. Nous, nous sommes beaucoup plus respectueux des libertés publiques", a-t-il ajouté. 

"En même temps, c'est l'objet de la loi anticasseurs, nous nous donnons les moyens de prévenir les violences en empêchant ceux qui les commettent et que le ministère de l'Intérieur et la police connaissent parfaitement, en les empêchant de manifester et de semer le trouble dans les manifestations", a défendu Gilles Le Gendre. 

Toutefois, dans la majorité, l'idée d'une interdiction fait son chemin. Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a appelé dimanche à ce que les manifestations s'arrêtent, dénonçant la "radicalisation" du mouvement, notamment les insultes antisémites contre le philosophe Alain Finkielkraut samedi.

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