Beauvau de la sécurité : "plus de bleu" dans la rue, 500 millions supplémentaires en 2022, un "contrôle parlementaire" des forces de l'ordre... Les principales annonces d'Emmanuel Macron

Beauvau de la sécurité : "plus de bleu" dans la rue, 500 millions supplémentaires en 2022, un "contrôle parlementaire" des forces de l'ordre... Les principales annonces d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron fait des annonces à Roubaix, mardi 14 septembre, à l'issue du Beauvau de la sécurité

publié le mardi 14 septembre 2021 à 13h30

"Le but est de penser la police et la gendarmerie de 2030", a expliqué Emmanuel Macron en clôturant la vaste concertation sur la sécurité, mardi 14 septembre à Roubaix (Nord). 

À quelques mois de la présidentielle, le chef de l'État avait promis des annonces "substantielles" et des changements "radicaux" dans ce domaine régalien, angle d'attaque des candidats de droite et du Rassemblement national. Il a fait une série d'annonces lors d'un discours à l'école nationale de police de Roubaix, devant une assemblée de policiers et gendarmes, mais aussi un parterre d'élus de cette région, dont Xavier Bertrand, en tête des intentions de vote parmi les candidats de droite à l'élection présidentielle. 
Pour mettre en œuvre ces annonces, Emmanuel Macron évoque une enveloppe de 500 millions d'euros en 2022. 




Voici les principaux points de son discours. 

• Une loi en début d'année prochaine

Le chef de l'État a confirmé l'élaboration d'une loi de programmation et d'orientation pour la sécurité intérieure (Lopsi), qui sera présentée début 2022. Il demande au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin de préparer cette "Lopsi", qui ne pourra pas être votée sous ce quinquennat. 

• "Simplification drastique" des procédures 

Il charge également le garde des Sceaux d'engager une simplification des procédures pénales, dans le cadre des états généraux de la Justice, avec des premières mesures concrètes attendues d'ici à trois mois.

"La lourdeur des procédures est l'ennemie de la sécurité", déplore-t-il. Le chef de l'État demande donc une "simplification drastique" de la conduite des enquêtes. Il faut, selon lui, "repenser les grands équilibres de la procédure pénale". Pour simplifier la procédure pénale, il supprime les rappels à la loi, inutiles selon lui. 

• 500 millions de plus en 2022 

Emmanuel Macron annonce un budget supplémentaire de 500 millions d'euros en 2022 pour mettre en œuvre les mesures décidées lors du "Beauvau de la Sécurité". Au total le budget du ministère de l'Intérieur augmentera de 1,5 milliard d'euros en 2022. Les 500 millions d'euros constituent une rallonge par rapport à la hausse de 900 millions annoncée par le Premier ministre Jean Castex fin juillet. 

• Plainte en ligne en 2023

Toujours dans cet objectif de simplification, il a annoncé la mise en place de la procédure pénale numérique. Il "souhaite" la mise en place des "plaintes en ligne dès 2023". À l'heure actuelle, il est possible de déposer une pré-plainte en ligne, mais il faut toujours se rendre au commissariat pour finaliser sa démarche. 

• "Plus de bleu sur le terrain"

Le chef de l'État veut "plus de bleu sur le terrain". Il souhaite "doubler en dix ans" la présence sur le terrain des "policiers et des gendarmes". Il demande qu'une réforme des horaires des forces de sécurité soit présentée au début de l'année 2022 pour permettre un accroissement de leur présence dans la rue. 
Il compte aussi renforcer "la présence sur le terrain de la hiérarchie". 

• Un nouveau centre de formation 

Emmanuel Macron annonce la mise en place d'un "centre de formation" sur le maintien de l'ordre pour les policiers, dont l'action a été critiquée lors des manifestations, notamment pendant le mouvement des "gilets jaunes". Ce centre, basé en région parisienne, sera à l'image de celui existant déjà pour les gendarmes à Saint-Astier (Dordogne).

• Contrôle des policiers 

Emmanuel Macron veut mettre en place "une instance de contrôle parlementaire des forces de l'ordre", en réponse aux critiques visant l'IGPN et l'IGGN (police et gendarmerie) dont les rapports seront désormais "rendus publics". "Nous devons tendre à l'irréprochabilité (...) Quand il y a des fautes, elles doivent être sanctionnées, quand on aime nos forces de l'ordre, on ne leur passe pas tout", souligne le chef de l'État. Voilà pourquoi je proposerai aux présidents des chambres parlementaires que, sur le modèle de la délégation parlementaire au renseignement, soit créée une instance de contrôle parlementaire des forces de l'ordre qui pourra procéder à l'évaluation de leur action". 
Il souhaite encore équiper chaque policier d'une  caméra individuelle. 

• Nouvel uniforme

Les policiers auront un nouveau "polo modernisé" et un calot au lieu de la casquette à partir du premier trimestre 2022. Ce nouvel uniforme, fabriqué en France et élaboré après un appel aux écoles de mode et de design, fait partie "de la considération que nous vous devons," a déclaré le chef de l'État. 

Emmanuel Macron a aussi évoqué une amende pénale forfaitaire, dès octobre, pour occupation illicite de certains lieux, comme les halls d'immeubles. 

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